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Vivement l'Ecole!

Ce que les orateurs de l’Antiquité pourraient donner comme conseils aux candidats passant le Grand Oral

22 Juin 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Baccalaureat

akg-images - Démosthène harangue les flots de la mer

EXTRAITS

L’historien spécialiste de la rhétorique et philologue Pierre Chiron explique, dans un entretien au « Monde », ce que les grands orateurs de l’Antiquité pourraient donner comme conseils aux milliers d’élèves passant la nouvelle épreuve du bac à partir de ce lundi 21 juin.

(...)

L’enseignement de la rhétorique et de l’oralité a traversé les siècles avant de s’affaisser en France au XIXsiècle. Pourquoi ?

Dès l’Empire romain, la parole politique se retrouve moins libre et la rhétorique perd un peu de sa fonction démocratique pour devenir une compétence de caste qui se transmet dans les familles. Elle devient aussi une sorte de divertissement avec des déclamateurs publics, faisant des discours sur des sujets fantaisistes, aussi populaires que des joueurs de foot aujourd’hui. La rhétorique va ensuite survivre, à travers le Moyen Age, dans des régimes plus ou moins démocratiques, avec donc une fonction plus ou moins citoyenne. Les exercices enseignés à la période hellénistique vont ainsi se transmettre jusqu’au XIXe siècle, notamment par le biais des réformateurs protestants et des jésuites.

L’institution du baccalauréat, au début du XIXe, marque un tournant. Uniquement sous la forme orale au départ, l’examen bascule vers l’écrit au fil des décennies, comme toute la scolarité d’ailleurs, jusqu’à aujourd’hui. La raison ? A l’école, l’enseignement transmissif et descendant, dont on a encore du mal à s’extraire aujourd’hui, n’est pas compatible avec le débat et la libération de la parole de l’élève, avec la démocratie dans la classe, en somme… Mais cette disparition de la culture de l’oral et de la rhétorique n’est pas universelle, comme le montrent les pays anglo-saxons. Si ce grand oral participe à nouveau à une éducation de la parole de l’élève, c’est un bon signe.

(....)

Quels principaux conseils donnerait un orateur antique aux élèves qui passent ou vont passer le grand oral, ces jours-ci ?

Ils diraient probablement qu’il est primordial de maintenir le lien avec l’interlocuteur pendant tout l’entretien, et pour cela d’éviter les deux erreurs habituelles consistant à lire ses notes d’un côté ou à réciter un propos appris par cœur de l’autre. Il faut évidemment avoir en tête ou sur ses notes un canevas du déroulé du propos, un plan, mais en s’efforçant de ne rédiger aucune phrase pour être le plus naturel possible.

Le fait de bien avoir mémorisé la thèse, les arguments, les exemples et objections possibles, dont on parlait plus haut, permet d’éviter d’être dans l’improvisation totale et, donc, de tomber dans l’émotion. Et, enfin, il faut travailler les silences afin de laisser le temps à l’auditoire de comprendre le propos et de l’assimiler afin de faciliter la conversation.

Séverin Graveleau

Cet entretien paraît dans « Le Monde de l’éducation ». Si vous êtes abonné au Monde, vous pouvez vous inscrire à cette lettre hebdomadaire en suivant ce lien.

 

Entretien complet à lire en cliquant ci-dessous

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