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Vivement l'Ecole!

A Amiens, des lycéens œuvrent à la mémoire du patrimoine ouvrier

23 Juin 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Histoire

EXTRAITS

« On n’a pas fait des cours d’histoire, on la vivait en vrai » : à Amiens, des lycéens œuvrent à la mémoire du patrimoine ouvrier

Des élèves de filières bac pro se sont plongés dans les deux cents ans d’histoire de la manufacture de velours Cosserat et en ont tiré un livre. Ils y ont découvert l’existence de vestiges uniques datant de la première guerre mondiale.

Bien sûr, il manquait l’agitation du millier d’ouvriers, la fumée sortie des hautes cheminées et le bruit sourd de la salle des 500 métiers. Mais, en déambulant sur la friche de 13 hectares de l’ancienne usine Cosserat d’Amiens, des élèves du lycée technologique Edouard-Gand ont très vite perçu le poids de l’histoire ouvrière nichée derrière les façades classées de la manufacture de velours.

C’est une véritable immersion dans le passé industriel amiénois qu’ont vécue pendant un an ces élèves des trois filières bac pro (services soins à la personne, métiers de la mode et services proximité vie locale animation). Kévin Desnoyers, 17 ans, élève en 1re et futur animateur, n’en revient toujours pas. « Avec les profs, il y a certains projets où je donne ma présence. Là, pour la première fois de ma vie, j’ai donné ma motivation. »

Une de ses camarades de classe, Valentine Labelle, 16 ans, confirme : « On savait que ce projet ne serait pas banal et moi qui n’aime pas trop l’histoire, j’ai adoré. Pendant un an, on n’a pas fait des cours d’histoire, on la vivait en vrai. C’était l’Histoire, à Amiens. »

(...)

Présence américaine

Et l’aventure ne s’arrête pas là. Ces futurs animateurs des quartiers, couturiers ou aides-soignants ont découvert que deux baraquements de bois situés à l’entrée de la friche étaient des vestiges uniques de la première guerre mondiale. « J’ai un côté chien à truffes, dit en souriant Louis Teyssedou. Je me suis pris à mon propre piège de ces deux cents ans d’histoire qui vous regardent. »

En se penchant sur les huisseries des bâtiments, le professeur amiénois a appris avec l’aide de la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) que le bois utilisé n’était pas français mais américain. « Ce genre de préfabriqués étaient coupés dans les forêts américaines et pouvaient être assemblés en une journée par une dizaine d’hommes, explique Alexandre Coulaud, responsable de recherche archéologique à l’Institut national de recherches archéologiques préventives. La Croix-Rouge américaine avait implanté ces structures pour soigner les blessés de la Grande Guerre et les civils. C’est un vrai sujet d’étude pour nous, archéologues, car ce sont certainement les derniers de France. »

Le professeur d’histoire a également contacté l’ambassade des Etats-Unis qui, depuis, se penche sur ces vestiges encore en très bon état. De son côté, la DRAC s’intéresse à l’ensemble du site, car toute une partie est protégée au titre des monuments historiques.

« En se plongeant dans les archives, le public scolaire s’est pris au jeu et l’on envisage une collaboration pour aller plus loin dans la sensibilisation de la jeune génération à l’histoire », explique Christian Douale, directeur adjoint délégué chargé des patrimoines et de l’architecture à la DRAC Hauts-de-France.

(...)

Aidé par les Archives nationales du monde du travail, basées à Roubaix (Nord), le professeur d’histoire remue ciel et terre pour sauver ce patrimoine amiénois. Fin juin, ses élèves vont proposer un spectacle sur la dynastie patronale Cosserat et le destin de ses ouvriers aux classes de CP des écoles d’Amiens. L’usine en déclin a définitivement cessé son activité en 2012, mais la jeune génération veut continuer à « causer de Cosserat ».

Laurie Monniez

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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