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Vivement l'Ecole!

Sur table ou à distance, le grand dilemme des examens à l’université

19 Avril 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Université

Sur table ou à distance, le grand dilemme des examens à l’université

EXTRAITS

Les facs ont dû annuler les examens en présentiel jusqu’au 2 mai. Seuls les concours et quelques autres épreuves sont maintenus dans un climat d’inquiétude sur le protocole sanitaire.

A l’approche de la fin d’année universitaire, les établissements se préparent à une session d’examens encore plus délicate qu’il y a un an lorsque les épreuves avaient intégralement basculé à distance, en catastrophe. Le troisième confinement et l’annonce par Emmanuel Macron – traduite dans un décret du 2 avril – du passage au distanciel ou du report des examens prévus entre le 6 avril et le 2 mai, contraignent à une nouvelle contorsion des universités qui pratiquent un équilibre précaire entre présentiel, distanciel et enseignement hybride depuis la rentrée.

Une circulaire publiée le 3 avril par le ministère de l’enseignement supérieur précise qu’aucun examen en présentiel ne peut être organisé durant cette période, à l’exception des épreuves en contrôle continu dans le cadre des travaux dirigés (TD) et des travaux pratiques (TP) – les étudiants conservant la possibilité de se rendre physiquement à la fac avec une jauge d’accueil fixée à 20 % des capacités. Seuls à être préservés : les concours des grandes écoles ainsi que les épreuves des études de santé qui se déroulent actuellement aux dates et lieux prévus.

Ces revirements constants exigent une grande capacité à réagir vite de la part des établissements. « Le président de la République parle en milieu de semaine puis le premier ministre nous demande d’être opérationnels la semaine qui suit, constate Jean-Christophe Saint-Pau, qui préside la conférence des doyens de droit. Mais nous sommes à la barre de véritables paquebots, chaque mouvement demande du temps ! » Pris de court, le doyen de la faculté de droit de Bordeaux a maintenu des examens le 6 avril. « En plein week-end de Pâques, nous n’étions pas en mesure de prévenir les étudiants de ne pas venir. Nous avons annulé ceux du 7 avril alors que de nombreux étudiants rentrés dans leurs familles avaient acheté leurs billets de train », relate-t-il.

(...)

A l’université d’Angers, Clément Chauvet, le directeur du département de droit a remplacé les examens blancs appelés « galops d’essai » par des « galops d’essai en travaux dirigés, c’est-à-dire en petits groupes », sous la houlette des enseignants chargés de TD. « Cela nous permet de maintenir en présentiel ces épreuves tout en étant compatibles avec les nouvelles règles édictées », explique-t-il. Il souligne que « demander la bascule à distance des examens en l’espace de deux jours est irréaliste », la nature d’une épreuve et ses modalités de passation sur une plate-forme numérique impliquant « du temps et des tâches qui de surcroît ne relèvent pas du métier d’enseignant ».

Lassée par une année universitaire en pointillé, une partie de la communauté exprime un « désir » d’examens sur table. « Certaines équipes arrivent à saturation et cela concerne même des enseignants qui étaient très innovants sur le numérique et qui le sont beaucoup moins aujourd’hui et ont envie d’un retour plus important en présentiel », témoigne Erwan Hallot, vice-président chargé de la formation, à l’université de Rennes-I.

Attroupements dans les escaliers

Parmi les étudiants, les avis sont largement plus partagés. L’inquiétude prédomine concernant les conditions sanitaires qui ne semblent pas toujours réunies lors des épreuves en présentiel maintenues pour des formations non concernées par le décret du 2 avril comme les contrats d’apprentissage, les brevets professionnels et les brevets de technicien supérieur (BTS). Des photos et vidéos postées sur Twitter le 2 avril lors d’une épreuve d’anglais de BTS à la Maison des examens d’Arcueil (Val-de-Marne) attestent d’attroupements dans les escaliers et d’une promiscuité entre des candidats coincés dans une file d’attente.

(...)

Pour Franck Loureiro, secrétaire général adjoint du SGEN-CFDT, ces situations doivent inciter le gouvernement à reconsidérer les modalités de passation de ces examens mais aussi des concours des grandes écoles, véritable totem français. « Cette crise sanitaire est un scanner qu’on fait passer à l’ensemble de la société qui nous montre où existent des faiblesses. Les candidats jouent leur vie le jour d’un concours et certains viennent en ayant connaissance qu’ils sont positifs au Covid. Est-il normal qu’on s’en contente ? Ne peut-on imaginer qu’ils puissent repasser une épreuve s’ils disposent d’un justificatif ? », interroge-t-il.

Ni le décret ni la circulaire ne prévoient de dispositions pour les cas contacts, relève également Paul Mayaux, président de l’organisation étudiante la FAGE. « Pour les concours de médecine PASS [parcours d’accès spécifique santé] et L.AS, il n’y a aucune obligation de prévoir une salle réservée, déplore-t-il. Il est insupportable d’imaginer qu’un jeune attrape le Covid parce qu’il n’a pas bénéficié de conditions de protection suffisantes. »

Soazig Le Nevé

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