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Vivement l'Ecole!

Covid-19 : à l’école, quatre scénarios à étudier

30 Mars 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Trèfle à quatre feuilles : botanique, symbole, croyances - Ooreka

La question de la fermetures des écoles pour endiguer l’épidémie ne cesse de se poser dans le corps enseignant et chez les parents d’élèves, alors que le ministère de l’Education semble se satisfaire de sa stratégie : une classe fermée pour un cas détecté. D’autres voies sont-elles possibles pour mettre tout le monde d’accord ?

Vu la courbe des contaminations et les prévisions des services de réanimation, difficile de ne pas se poser la question : faut-il garder les écoles ouvertes ? N’est-ce pas le dernier levier pour (tenter de) freiner une épidémie qui semble, par endroits, hors de contrôle ? Vendredi, 3 256 classes étaient fermées (soit 0,6% du total), contre 2 018 la semaine précédente. Pas de nouveau recensement officiel depuis. Libération passe en revue quatre scénarios possibles, plus ou moins radicaux… et plus ou moins efficaces.

Scénario 1 : fermeture généralisée des établissements scolaires

Ce serait un retour vers un confinement strict, comme en mars 2020, quand écoles, collèges, lycées et universités ont fermé leurs portes. Une situation inédite dans l’histoire de notre pays. Cette hypothèse, que nombre d’épidémiologistes demandent depuis plusieurs semaines, est – à cette heure – toujours écartée par Emmanuel Macron. Le Président en fait une fierté nationale, au cœur de sa stratégie. Si sur le plan sanitaire la fermeture des écoles se justifie dans les départements en alerte rouge, politiquement, c’est une autre histoire. Pour sauver la face, le gouvernement a tout de même une autre option (qui revient au même) : avancer, voire rallonger, les vacances scolaires. Dans le calendrier initial, la zone A (notamment l’académie de Lyon) attaque en principe les congés samedi 10 avril. Dans moins de deux semaines, donc. Le syndicat majoritaire des enseignants du primaire (Snuipp-FSU) y est favorable : «Aujourd’hui, ce n’est plus tenable dans les endroits où l’épidémie flambe. On fait croire que les professeurs malades sont remplacés, c’est faux. On est forcé de répartir les élèves dans les autres classes… Le virus circule encore plus vite.»

Scénario 2 : continuer à fermer, classe par classe

C’est le scénario actuel, qui a la particularité de ne rassurer ou de ne satisfaire personne. Exception faite du gouvernement peut-être. Jeudi dernier, le Premier ministre annonçait un protocole sanitaire renforcé dans les 19 départements confinés. Avec, pour principal changement, la fermeture des classes dès le premier cas de Covid confirmé. Et non plus à partir de trois cas, ce qui reste la règle pour les autres départements. Selon les retours du terrain, les messages de fermeture de classes tombent comme à Gravelotte dans les boîtes mail des parents. Même s’il n’est pas possible d’avoir de vue d’ensemble : le ministère ne communique pas de chiffres pour l’instant. «Certains établissements sont dans une situation très critique, les classes ferment les unes après les autres, alerte Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du Snes-FSU. Dans ces cas-là, je ne comprends pas : arrêtons de tergiverser et fermons l’établissement en entier une semaine. Pourquoi jouer la montre si ce n’est pour l’affichage des chiffres ?» Elle réclame aussi davantage de tests massifs dans les établissements, regrettant qu’ils soient encore trop peu acceptés par les élèves. «Aujourd’hui, la stratégie «tester, isoler, tracer» ne fonctionne pas.»

Scénario 3 : classe à mi-temps, pour tous

Pour l’instant, seuls les lycées des départements confinés sont tenus de fonctionner en «demi-jauge». Avec une ambiguïté derrière ce terme : la moitié de l’effectif s’entend à l’échelle de l’établissement, et non de chaque classe. Du coup, certaines classes, notamment les prépas, fonctionnent à effectif complet, comme avant. «Il faut imposer des demi-groupes partout, et étendre le principe aux collèges des 19 départements, réclame Sophie Vénétitay, du Snes. C’est une mesure évidente, urgente, si on veut éviter de tout fermer. Chaque jour compte.» A appliquer aussi dans les écoles maternelles et primaires ? C’est un scénario crédible, qui fait d’ailleurs partie des plans élaborés par le ministère au cœur de l’été dernier. Un premier test grandeur nature avait d’ailleurs été effectué, à la sortie du confinement en mai dernier, de façon improvisée. «Le seul problème, c’est qu’on est toujours dans la même improvisation, se désole Guislaine David, secrétaire générale du SNUipp-FSU. On aurait dû préparer les élèves, leurs parents, que chacun sache comment s’y prendre. Mais le ministère était tellement dans le déni que nous n’avons pas pris ce temps d’anticipation.»

Scénario 4 : accélérer la campagne de vaccination pour tous les profs ?

Pas gagné. Guislaine David, du Snuipp, est à deux doigts du rire nerveux «Encore faudrait-il qu’il y ait les doses… Et en avoir fait une priorité dès le mois de janvier.» Le corps enseignant représente plus de 800 000 agents, auxquels s’ajoutent le bataillon de professeurs contractuels et le personnel qui intervient auprès des élèves (Atsem, personnel du périscolaire, AESH, agents d’entretien…). Quand bien même tous seraient vaccinés dans les prochaines semaines, cela ne résoudrait pas la circulation du virus d’élève à élève.

Marie Piquemal

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