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Vivement l'Ecole!

De la souffrance des enseignants... Par Christophe Chartreux

28 Février 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

De la souffrance des enseignants... Par Christophe Chartreux

Depuis des années - de nombreux livres, articles et émissions ont été consacrés au sujet - il est courant d'entendre la souffrance des enseignants.

Il conviendrait de parler DES souffrances car elles sont nombreuses. Peut-être même y en a-t-il autant que d'enseignants, chacun héritant de sa douleur, la partageant ou pas, l'assumant ou pas, la vivant plus ou moins mal selon le caractère de chacun et le degré de cette souffrance infligée.

Tous les enseignants, un jour ou l'autre, souffrent, ont souffert ou souffriront. Depuis l'incivilité de tel élève qui détruit votre cours puis votre moral jusqu'aux violences verbales et physiques heureusement plus rares mais qui existent. Tout cela n'est pas né avec les pamphlets vengeurs des Brighelli et Polony Ils n'ont rien découvert, se contentant d'illustrer des dogmes idéologiques par des «exemples» souvent invérifiables, uniques et, plus grave, ne proposant aucune solution efficace autre que le retour en arrière «du temps béni où c'était mieux avant». 

Il reste néanmoins ces souffrances... Elles sont là... Dès la grille du collège ou du lycée franchie... Comme une boule dans le creux de l'estomac qui vous dirait tout bas: «N'y va pas»...

Je pense souvent à ces collègues, moi qui ai la chance, le privilège de n'avoir quasiment jamais été confronté à ces inquiétudes quotidiennes, à ces sueurs froides, à ces insomnies. Je pense souvent à eux et plus encore depuis ce funeste mois de mai 2017. Oh bien entendu, il serait trop facile de faire porter le chapeau des drames individuels à un seul homme. Le Président de la République et son gouvernement ont appliqué la politique annoncé dès 2016. Ils n'ont surpris personne.

Pour autant, depuis quatre ans, la situation des enseignants s'est particulièrement dégradée. Je ne parle pas ici seulement de leurs conditions de salaires. Je pointe du doigt leurs conditions de travail au jour le jour.

Avec moins, on leur demande plus; la formation fait ce qu'elle peut; la ghettoïsation des quartiers n'a pas été combattue, bien au contraire, entraînant la ghettoïsation des établissements scolaires; en fin de mandat, on nous annonce des réflexions.  Ce Président et ce gouvernement auront été ceux des annonces... Les chefs d’établissements du secondaire sont incités à agir en DRH et à faire du chiffre; les expérimentations pédagogiques restent à l'abri des regards même quand elles donnent d'excellents résultats; on n'a pas travaillé une seule seconde sur un dossier qui me semble loin d'être anecdotique: l'architecture des bâtiments scolaires; le système des nominations pour les jeunes professeurs est resté le même, c'est à dire une aberration absolue consistant à décourager le plus vite possible des enseignants enthousiastes et idéalistes en les «balançant» face à des élèves en souffrance et faisant souffrir... C'est souvent un «jeu de miroir»...

J'espère que les années qui viennent - après la parenthèse heureuse de 2012/2017 - permettront d'atténuer les effets de ces souffrances. Souffrances qui touchent tous les personnels, mais aussi comme je viens de le dire, les élèves et leurs parents.

Christophe Chartreux (écrit en 2011 et simplement actualisé)

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