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Vivement l'Ecole!

Revue de Presse Education... Se réinventer - S’arrêter - S’orienter...

17 Janvier 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Se réinventer - S’arrêter - S’orienter...

Nos journées se réinventent avec le couvre-feu à 18 heures. Les responsables de cette nouvelle gymnastique : des apéros, des bonbons dans les amphis et des mutants. La semaine aura entendu de nouvelles mesures, en a attendu d’autres qui ne sont pas venues. L’école reste en première ligne, les étudiants maintenus à distance et dans ce brouhaha, les nouvelles de diminution de postes arrivent dans les établissements. Mais chut ! L’éducation poursuit son cours.


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Le dessin de Fabien Crégut

SE REINVENTER QU’ILS DISAIENT

Jean Castex raccourcit les jours " titre Les Jours. Exemple des mesures pour l’école à l’appui, l’article trouve un fil rouge à la gestion de la crise " s’il y a une constante dans cette crise sanitaire, c’est l’impossibilité d’avoir une discussion ouverte avant que les mesures soient prises pour faire face à l’épidémie de Covid-19. " En début de semaine, la question d’une fermeture des écoles comme dans les pays voisins se posait. " Attention enfants, attention reconfinement ", prévenait Les Jours dans un article en libre accès. Le taux de contagiosité chez les enfants est en forte augmentation, le variant anglais et ses cousins brouillent les pistes.

Mais rassurez-vous des mesures sont prises dans les écoles. " Pour lutter contre la propagation du SARS-CoV-2, les cours de sport en intérieur sont suspendus, les mesures sanitaires seront renforcées dans les cantines, et les tests devraient être plus nombreux, a annoncé le gouvernement jeudi 14 janvier. " explique Violaine Morin du Monde. Oui mais comment ?

" Après les annonces de Jean Castex jeudi 14 janvier, des moments difficiles sont encore à prévoir dans le monde de l’éducation. " avertit la Dépêche du Midi. "Une nouvelle fois, le gouvernement n’anticipe rien, regrette Xavier Mouchard, co-secrétaire du syndicat d’enseignants SNUIPP-FSU 31. On est obligés de se réorganiser au pied levé, on navigue à vue.  "
Éviter les brassages à la cantine, tel est le mot d’ordre qui se transforme en casse-tête sur le terrain. " Pointées du doigt comme potentiel lieu de contamination, les cantines cristallisent les tensions alors que le maintien de leur ouverture dépend d’aménagements sur lesquels le gouvernement n’a jamais vraiment tranché. " Margaux Otter, pour l’Obs, pose sur la table la question de la restauration scolaire, des conséquences d’une hypothétique fermeture et des risques apportés par le maintien de son ouverture.

Ne comptez pas sur les profs d’EPS pour amener de la souplesse dans ce gymkhana. Ils ont fort à faire. L’Indépendant rapporte les propos de Perrine Prost, délégué nationale EPS pour le Se-Unsa. "Depuis le début de l’année on a dû se réinventer et là, on nous rajoute le fait de nous enlever les gymnases. Aller dehors quand il fait -10 degrés, où quand il pleut, c’est quasiment impossible. On n’est pas des animateurs".


ET SI ON ARRÊTAIT DE FAIRE COMME SI

“La crise sanitaire et économique accroît les difficultés des familles et des élèves, qui sollicitent de plus en plus les services sociaux scolaires.” constate Faïza Zerouala dans un article réservé aux abonnés de Médiapart. L’un des arguments avancés pour le maintien des écoles ouvertes est justement l’accueil des élèves en difficulté sociale et/ou scolaire, ceux qui seraient le plus menacés par le décrochage en cas de confinement. Oui mais, si ce confinement arrive, sommes-nous prêts ?

« Non » répondent Sylvain Connac, Jean-Charles Léon et Jean-Michel Zakhartchouk. Ils proposent d’ « anticiper, se préparer, essayer de ne pas revivre les douleurs de mars dernier, en espérant que cet article ne serve à rien. » Ils donnent quelques pistes, celle-ci notamment : « arrêter dès aujourd’hui ce qui peut être différé, les évaluations venues d’en haut, la préparation des épreuves du baccalauréat, les rapports à la hiérarchie obligatoires, les statistiques du jour ou de la semaine, les sommations non urgentes… »

Du côté des universités, rien de nouveau, ou si peu. «  A Cergy, sur 25 000 étudiants, une centaine seulement fait son retour cette semaine pour bénéficier de ces sessions de soutien pédagogique. » relate Soazig Le Nevé pour Le Monde. “Ce n’est pas le cours dans l’amphithéâtre mais l’étudiant qui prend un café à la pause, un bonbon qui traîne sur la table”, l’argument sucré de Frédérique Vidal pour cette reprise timide a provoqué une forme d’indigestion.

Chez les étudiants d’abord avec la création de collectifs comme celui des « étudiants fantômes  » à Montpellier ou des lettres ouvertes à l’instar de celle de Lucie, étudiante nantaise« Covid-19 : des étudiants à bout et peu de perspectives pour un retour en présentiel » titre la Voix du Nord.

Chez les présidents d’Université aussi, le constat est rude " Les étudiants sont des prisonniers à domicile", dénonce Michel Deneken, président de l’Université de Strasbourg sur France Bleu Alsace . " Isolés dans des logements exigus ou obligés de retourner chez leurs parents, livrés à eux-mêmes en raison des contraintes sanitaires, les jeunes traversent une épreuve dont ils ne voient pas l’issue.  ", un éditorial du Monde caractérise ainsi la situation des étudiants. S’ajoutent des difficultés financières pour ceux qui n’ont pas pu trouver de job d’étudiant.

Localement, des solutions sont mises en œuvre comme cette épicerie solidaire à Dijon. Des fonds ont été débloqués par l’Etat pour organiser du tutorat auprès des premières années, et éviter les décrochages après le premier semestre. « Créer du lien entre étudiants est toujours intéressant », commente Yanis Limane, premier vice-président de la Fage. " Mais il n’y a pas là de quoi résorber les difficultés financières et souvent psychiques dans lesquelles se débattent nombre d’étudiants  ".


REGARDE L’AVENIR CAMARADE

Cette déplorable situation des universités va t’elle influer sur les choix d’orientation des lycéens ? Rappelons que les sections BTS et les classes préparatoires sont restées en présentiel. La saison de l’orientation est ouverte avec les premiers choix à saisir sur Parcours Sup. Oui, la plateforme revient avec ses fameux algorithmes qui "peuvent contribuer à rouvrir les chances des lycéens issus des milieux populaires d’accéder aux filières sélectives du supérieur et à contrer le creusement des inégalités sociales face à l’éducation. À condition de les éduquer." explique Vincent Tuberj"Reste, bien sûr, à remplir les bonnes cases de ces logiciels, mais aussi à comprendre la logique à déployer pour espérer obtenir les choix premiers. Autrement dit chacun espère que les algorithmes et paramètres de recrutement associés vont lui être favorables. " constate de son côté Bruno Devauchelle.

Or, l’éducation à l’orientation est en pleine évolution. " Depuis 2018, les Régions ont la responsabilité d’informer les lycéens sur les possibilités d’études. Une mission qu’elles assument de manière disparate, et dans une logique territoriale, au risque de limiter les ambitions de certains jeunes. " précise Eric Nunès. Désormais également, " Tous les membres de l’équipe éducative participent à l’accompagnement des lycéens et de leur famille dans la construction de leur projet. Le professeur principal, qui a un rôle renforcé dans cet accompagnement, reste un interlocuteur privilégié pour aider les élèves à faire leurs choix, en collaboration avec le psychologue de l’éducation nationale du lycée. " nous dit Bernard Desclaux qui s’interroge "Mais où sont passés les conseillers d’orientation ? "

Le coronavirus implique un recours quasi systématique au numérique. Fun Mooc propose une série de 25 Moocs dédiés à l’orientation et la découverte des métiers. Les traditionnelles journées portes ouvertes se transforment, les salons virtuels se multiplient comme celui des IUT de Bourgogne.

Mais toujours, il y a ces belles rencontres qui éclairent les trajectoires. "Cette prof a changé ma vie ", l’article d’Alice Raybaud en raconte quelques-unes.


 ET SI...

Et si nous allions faire un tour du côté de la rive positive. "Au collège comme au lycée, le métier d’enseignant est bouleversé par la crise sanitaire. Entre port du masque, enseignement à distance et classes dédoublées, chacun fait le bilan des changements intervenus depuis le 13 mars dernier, quand le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, annonçait en direct la fermeture des écoles. Face aux contraintes, ils redoublent de créativité pour essayer de ne laisser aucun élève de côté. ", un bel hommage aux enseignants signé Lou Roméo pour RFI.

Et si nous explorions des solutions éprouvées en période de confinement, celles qui aident à ne pas décrocher comme JobIRL , "le « LinkedIn des 13-25 ans », met les jeunes en relation avec des professionnels et des étudiants de tous secteurs d’activités afin de les aider à construire leur projet professionnel. " Interview de Jules Donzelot, chercheur associé au Centre Émile Durkheim en sociologie de l’éducation et délégué scientifique et développement chez JobIR pour Carenews.

Et si nous prenions un peu de distance à l’invitation de Jean-Luc Noël pour "éclairer l’école par son histoire, à envisager les enjeux actuels en prenant du recul. La place des femmes, la démocratisation de l’école ou encore la rénovation pédagogique, voici quelques thèmes que nous explorons avec lui."

Et pour finir, Laurent Sberini déclare "Non 2020, tu n’es pas mort pour rien, car tu auras transformé l’École plus sûrement que toutes les réformes engagées depuis longtemps. " Vous décélérez dans ses propos une pointe d’humour salutaire.

Monique Royer aux manettes cette semaine pour l’équipe revue de presse des Cahiers Pédagogiques et Fabien Crégut pour l’illustration

La revue de presse des Cahiers pédagogiques évolue ! Aujourd’hui, on trouve facilement des tas d’articles en ligne, qui circulent et s’échangent notamment sur les réseaux sociaux. Nous avons donc pensé que ce que nous pouvions vous apporter, c’était autre chose, soit le recul et le temps du commentaire, en proposant une revue de presse hebdomadaire, plus hiérarchisée, plus sélectionnée et largement commentée, toujours, bien sûr, sous l’angle des questions éducatives.

Monique Royer

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