Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

"Pandémie : des étudiants sacrifiés" - (Mais tellement sages...)

20 Janvier 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Université, #Education

"Pandémie : des étudiants sacrifiés" - (Mais tellement sages...)

Plus de cours en présentiel, plus de stages ou de voyages à l’étranger, pas de sortie possible après 20 heures et surtout… plus de boulot étudiant. Depuis la fin octobre, les étudiants sont "en mode survie". A Chambéry, le campus de l’Université Savoie Mont Blanc est vide, sauf le mardi.

Dans un local prêté par le CROUS, Nadia, présidente de l'association Etudébrouille participe aux distribution alimentaires. L'association a enregistré 130 inscriptions depuis le début de l'année et a triplé son nombre de bénéficiaires.

C'est dur de se concentrer sur ses études quand on doit déjà se demander comment on va pouvoir manger.

Les emplois universitaires, proposés par la fac pour les étudiants les plus précaires, ne sont plus d'actualité en période de confinement. A Chambéry, étudiants étrangers ou issus de familles en difficulté financière doivent se débrouiller seul dans des petits studios et faire face au coût d'une vie qui se fait de plus en plus pénible.

Les doutes, propres à de nombreux étudiants, se font de plus en plus prégnants : "ai-je fait les bons choix?", "Ne vaut-il pas mieux opter tout de suite pour la vie active?".

- Roxane a 22 ans. Etudiante et jeune mère, elle est en licence de droit et doit faire face à cette épreuve sans ressources autre que les aides dont elle bénéficie. Au moment de venir étudier à Chambéry après avoir obtenu un visa, elle avait découvert sa grossesse qui l'a forcée à refaire une première année de fac. 

Depuis cet incident, aucun membre de ma famille ne m'adresse plus la parole.

Quand il a découvert que j'avais eu un enfant, mon propriétaire s'est énervé, il a jeté mon frigo et toutes mes affaires par la fenêtre.

Finalement relogée près de l'université, les cours ne se font plus en présentiel. Suite à une rupture numérique, elle n'a pas été en mesure de passer certains examens. 

Quand ma fille dort et que je sais qu'elle ne se réveillera pas, vers une ou deux heures du matin, je me lève et je fais mes devoirs jusqu'à 5 heures avant de me réveiller à nouveau quelques heures plus tard.

Roxane a été employée dans différentes boîtes, de Monoprix à O'Tacos qui, à cause du confinement, ont été contraintes de licencier. Payer ses charges et se nourrir, elle et son enfant, est parfois très difficile.

J'ai envie de continuer mes études, ça a toujours été mon but mais je ne peux pas abandonner ma fille, je veux pouvoir, malgré tout ce qu'on traverse, être un exemple pour elle. 

Pouvant compter sur le soutien des assistantes sociales ou des conseiller.e.s de la Mission Locale, une de ses grandes craintes est pourtant d'être rapatriée et d'être séparée de sa fille par sa famille.

Avec ma mère, on se parle en cachette. Pour ma famille, avoir un enfant hors-mariage est une abomination, on ne me le pardonnera jamais.

Reportage : Valérie Borst  

Réalisation : Cécile Laffon

Chanson de fin: "Weight" par Ian William Craig, 2020

Merci aux étudiants du campus de Jacob-Bellecombette, à Sabrina, Roxane et Nadia de l’association Etudébrouille. Merci à La plateforme de soutien de l’USMB (Université Savoie Mont Blanc).

https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/pandemie-des-etudiants-sacrifies?actId=ebwp0YMB8s0XXev-swTWi6FWgZQt9biALyr5FYI13OojN5VSMd2TMt8SkIKwMoFh&actCampaignType=CAMPAIGN_MAIL&actSource=634136#xtor=EPR-2-[LaLettre19012021]

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :