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Vivement l'Ecole!

Grèves scolaires pour le climat : des jeunes en pleine croissance

8 Décembre 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Environnement

Grèves scolaires pour le climat : des jeunes en pleine croissance

Deux ans et demi après les premières mobilisation les vendredis, symbolisées par la figure de Greta Thunberg en Suède, le mouvement s’est structuré et s’est étendu à travers le monde. Avec plus ou moins de difficultés selon le régime politique.

Greta Thunberg n’a rien changé à ses habitudes. La jeune Suédoise, passée en deux ans et demi de collégienne inconnue à nouveau visage de la lutte climatique, continue à brandir sa pancarte «Grève scolaire pour le climat» tous les vendredis devant le Parlement à Stockholm, ou en ligne ces derniers mois. Cent vingt semaines d’affilée, sans un moment de faiblesse et avec un énervement croissant. «Tant que nous ne considérons pas la crise climatique comme une crise, nous pourrons organiser autant de conférences climat que nous le voulons, mais elles se limiteront comme aujourd’hui à des mots creux et à du greenwashing», a-t-elle encore tonné en novembre dans le Guardian.

Vendredi, à la veille d’un sommet international sur le climat, les jeunes du monde entier qui lui ont emboîté le pas participeront à une nouvelle grève mondiale. Les mots d’ordre sont les mêmes : se battre pour maintenir le réchauffement planétaire sous 1,5 °C (nous sommes déjà à + 1 °C) et «écouter la science». 

«Innocents»

Mais en deux ans, Fridays for Futur, ou mouvement des Jeunes pour le climat dans certains pays, a grandi. Une fois passé le choc des premières grèves de ces jeunes clamant l’absurdité d’aller à l’école dans un monde qui leur refuse un futur viable, le mouvement s’est structuré. Il compte des membres dans presque tous les pays et des représentants à tous les sommets climatiques. «Leur militantisme reste imprégné d’indignation, relève Michiel De Vydt, doctorant en science politique à l’université d’Anvers. L a force de leur message tient en partie au fait qu’il soit porté par des enfants "neutres", "innocents", qui n’avaient pas de liens avec les ONG environnementales.» A ses yeux, Fridays for Future («vendredis pour l’avenir», le nom officiel) se distingue encore des autres mouvements pour le climat. «Ils s’adressent aux autorités nationales ou locales, contrairement aux mobilisations précédentes qui visaient souvent des multinationales ou l’industrie des énergies fossiles, et valorisaient les petits gestes individuels. Ils ne prétendent pas amener de solutions.»

Souvent privé par la pandémie de manifestations de rue, Fridays for Future a réussi à rester visible autrement. A l’automne, les jeunes Européens ont mené en ligne la charge contre la nouvelle Politique agricole commune de l’UE, dénoncée pour son manque d’ambition environnementale. Entre le 19 novembre et le 1er décembre, 330 délégués de plus de 140 pays ont aussi organisé et mené une fausse COP pour «montrer ce qu’il se passerait si les jeunes étaient les décideurs», et compenser le report à l’an prochain de celle qui devait se tenir à Glasgow. Leur déclaration finale appelle les Etats à conformer toutes leurs actions à l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5 °C. Dans la forme aussi, ils ont tenté d’éviter les erreurs de leurs aînés, en donnant plus de poids aux pays du Sud, premiers affectés par le changement climatique. «La majorité des dirigeants entendent le message de Fridays for Future, même s’ils ne l’appliquent pas, estime Michiel de Vydt. Comme l’a noté l’ancien vice-président du Giec, le Pacte vert européen n’aurait probablement pas été aussi ambitieux sans la pression constante exercée par les jeunes.»

Fausse COP

Le 30 novembre, la Cour européenne des droits de l’homme a aussi donné raison à six jeunes militants portugais, en intimant à 33 Etats européens de répondre à leur plainte qui estime que les gouvernements font trop peu pour le climat. Si ces pays échouent à convaincre la cour de leur bonne foi, ils devront relever leurs ambitions. En ce 8 décembre, journée mondiale du climat, celles des jeunes grévistes restent, elles, entières.

Aude Massiot et Nelly Didelot

A lire intégralement en cliquant ci-dessous

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