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Vivement l'Ecole!

Bac 2021 : les lycéens dans le «super flou»...

29 Décembre 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Baccalaureat

Bac 2021 : les lycéens dans le «super flou»...

Les modalités du baccalauréat pourront être modifiées jusqu'à deux semaines avant les épreuves en raison de la crise sanitaire. Ces délais ne rassurent pas les lycéens qui peinent à se projeter.

«Je n’étais même pas au courant…» soupire Mathis. Pour cet élève de terminale à Cognac (Charente), l’incertitude semble être devenue une habitude en cette année de pandémie mondiale qui chamboule tout. Alors une annonce de plus… Pourtant, cette fois, la nouvelle a de quoi angoisser même les lycéens les plus organisés dans leurs révisions : les épreuves du baccalauréat pourront être modifiées quelques jours avant les épreuves. Une ordonnance parue le 24 décembre au Journal officiel permet en effet au gouvernement d’adapter, en fonction de l’évolution de l’épidémie de Covid-19, les «modalités» de certains examens, dont le bac, et ce dans un délai allant jusqu’à «deux semaines avant le début des épreuves».

Depuis l’annonce, début novembre, de l’annulation des épreuves évaluations communes (anciennement appelées E3C) de première et terminale au profit du contrôle continu, Mathis n’a eu que très peu de nouvelles sur la suite de son parcours lycéen. «C’est toujours la même chose. Avec le bac de français, c’était déjà le flou total», déplore-t-il. «C’est difficile de se projeter dans l’année de terminale quand il nous manque la moitié des informations», confirme Louis, lui aussi en terminale à Cognac, qui juge la situation «super floue». Pour l’instant, les épreuves sur les enseignements de spécialité, prévues en mars, sont maintenues. Au printemps dernier, après plusieurs semaines d’incertitude, l’oral de français avait finalement été annulé pendant la première vague de la pandémie.

Inégalités accentuées

Cette fois, les épreuves pourront voir «leur nature, leur nombre, leur contenu, leur coefficient» ou encore «leurs conditions d’organisation» modifiés, précise l’ordonnance. Une épreuve écrite d’histoire-géo pourra ainsi être remplacée deux semaines avant la date prévue par un examen à distance, avec un coefficient différent. Déjà stressée, Lou, élève au lycée Cordouan de Royan (Charente-Maritime), est encore moins rassurée depuis l’annonce de ces délais raccourcis. «Ça nous stresse énormément avec mes copines, explique l’adolescente. En deux semaines, on ne pourra pas réviser ce qui nous paraît déjà compliqué à voir en une année ! Et même si les épreuves sont réajustées, notre niveau scolaire est beaucoup moins complet comparé aux autres années.»

Comme beaucoup, Lou craint que les nouvelles dispositions n’accentuent les inégalités entre élèves, qui se sont creusées depuis le début de la crise sanitaire. Sara, en terminale au lycée Jean-Pierre-Vernant de Sèvres (Hauts-de-Seine), partage cette inquiétude : «J’ai eu la chance d’avoir eu cours pendant le confinement et d’avoir des professeurs très présents, mais j’ai des amis qui devaient faire des chapitres de mathématiques tout seuls chez eux, et qui ont accumulé du retard…» Voir le contenu des épreuves adapté à quelques semaines de l’échéance risque de creuser ces écarts, et d’accentuer le stress, estime la jeune femme, qui voyait déjà la mise en place du contrôle continu comme une source de stress : «On se dit qu’il faut toujours travailler sans relâche et qu’on ne doit pas faire de faux pas, parce que ça peut être difficilement rattrapable.»

Les enseignants sans certitudes

Emma, en terminale au lycée Saint-Paul à Lille, se montre plus confiante : «Dans tous les cas, je comptais bosser à fond, donc ça ne change pas forcément mes plans.» Les deux semaines de vacances de printemps, qui tombent juste avant les premières épreuves des 15 et 16 mars, rassurent la lycéenne, qui a déjà calculé son coup : «S‘il y a un éventuel changement, même deux semaines avant, cela tombera pile pendant les vacances, donc ça nous laissera du temps pour travailler.»

Le manque de certitudes touche aussi leurs principaux repères : les enseignants. «Eux-mêmes ne savent pas vraiment comment ça va se passer et les discours diffèrent…» constate Sara, à Sèvres. «Ils sont informés au dernier moment, ils peinent à gérer la situation», abonde Mathis. Certains professeurs ont d’ailleurs confié à leurs élèves être en faveur d’une annulation des épreuves, faute de pouvoir préparer les élèves comme il faut. Le Snes-FSU, principal syndicat enseignant, réclame de son côté que les épreuves de spécialité de mars soient reportées à juin.

Aurore Savarit-Lebrère

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