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Vivement l'Ecole!

Les enfants, pas épargnés par la pauvreté...

27 Novembre 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Sociologie

Les enfants, pas épargnés par la pauvreté...

Dans son deuxième rapport sur la pauvreté en France, l'Observatoire des inégalités s'intéresse notamment aux mineurs, qui pâtissent des problèmes économiques de leurs parents.

Les étudiants précaires, les travailleurs pauvres, les chômeurs, les petites retraites… Et les enfants ? A l’heure de parler de précarité, ils sont souvent absents des radars. «C’est une erreur parce qu’à chaque fois qu’il y a une situation de pauvreté, ce sont eux les plus touchées», réagit Christophe Lampin, secrétaire général au Secours populaire. 

Dans un colossal rapport sur la pauvreté en France, publié ce jeudi, l’Observatoire des inégalités prend le temps de s’intéresser à eux. A ceux qu’il qualifie d’«enfants de pauvres» et non d’«enfants pauvres», leur condition résultant de la situation économique de leurs parents. «Parmi les cinq millions de pauvres en 2017, près d’un tiers sont des enfants et des adolescents», indique le rapport, qui exploite des données allant jusqu’en 2018, donc avant la crise sanitaire et économique actuelle. Ainsi, en 2017, 1,5 million de mineurs «vivaient dans un ménage dont le niveau de vie était inférieur au seuil de pauvreté de 50% du revenu médian» (1). Rien que parmi les moins de 10 ans, ils étaient 830 000.

Familles monoparentales

L’Observatoire note que «la pauvreté des enfants résulte en premier lieu du fait d’être élevé par un adulte seul, le plus souvent la mère». Ainsi, «39% des enfants de familles monoparentales vivent dans la pauvreté, contre 15% des enfants élevés au sein d’un couple». Etre avec ses deux parents ne protège toutefois pas de la précarité, puisque «60% des enfants pauvres vivent au sein d’un couple».

«Il y a une énorme hypocrisie à déplorer la pauvreté de ces jeunes mineurs sans voir qu’elle résulte de la situation de leurs parents», note le rapport. De fait, «70 % des enfants élevés par des parents au chômage ou inactifs vivent dans la pauvreté». 

«On oublie les enfants parce qu’on ne les entend pas. Vous avez vu des enfants se rassembler devant l’Assemblée nationale ? Il faut faire un peu la révolution, l’enfant doit s’exprimer», plaide Adrien Sallez, directeur général de l’Association Sœur Emmanuelle, qui déplore que l’on «connaisse bien les droits de l’homme, mais mal les droits de l’enfant».

Accès au droit

Entre 1998 et 2017, toutes catégories de citoyens confondus, le nombre de pauvres a augmenté de 600 000 en France. Parmi eux, 220 000 sont des enfants. «[Leur] niveau de vie est particulièrement sensible à la hausse du chômage, parce que leurs parents sont généralement actifs et donc concernés. Les enfants sont touchés également par l’augmentation du nombre des séparations des couples qui expose de plus en plus de mères, en particulier, à la pauvreté», indique le rapport.

«C’est très important d’avoir des actions pour aider les parents à s’en sortir, défend Christian Lampin, du Secours populaire. Un adulte seul va se retrouver dans une situation de précarité à un moment donné et enclencher un processus pour essayer de s’en sortir, mais l’enfant ne peut pas, l’accès au droit est beaucoup plus compliqué pour lui».

Les données de cette année de crise ne seront connues qu’en 2022. Mais nul doute que les enfants vulnérables verront leur situation s’aggraver.

Elsa Maudet

(1) L’Observatoire des inégalités utilise un seuil de pauvreté à 50% du revenu médian, contre 60% dans la plupart des études statistiques, jugeant la représentation de la pauvreté ainsi moins hétérogène et donc plus fidèle.

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