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Vivement l'Ecole!

L'ultra-gauche n'est pas du tout ce que Jean-Michel Blanquer désigne...

25 Novembre 2020 , Rédigé par Slate Publié dans #Education, #Blanquer

EXTRAITS

La dénonciation de l'ultra-gauche par une partie de la sphère politico-médiatique s'inscrit dans des traditions anciennes de différents partis, qui cherchent à créer un ennemi de l'intérieur.

La dénonciation de la figure de l'ennemi est une forme récurrente de la vie politique. Après l'invention de l'islamo-gauchisme et de l'islamo-fascisme, une autre figure prend sa place dans le paysage politico-médiatique: l'ultra-gauche.

Comme l'Hydre de Lerne, les figures et les constructions repoussoirs viennent régulièrement pimenter les dénonciations publiques, responsables des maux de la société ou des attaques contre les hommes politiques. Elles s'inscrivent dans des traditions anciennes qui de droite comme de gauche cherchent à créer un ennemi de l'intérieur et pour souder un camp à désigner à la vindicte soit le camp adverse soit un bouc émissaire.

«Voilà l'ennemi»

La dénonciation de l'extrême gauche est une forme récurrente de la vie politique. Depuis le XIXe siècle la formule est utilisée. De la dénonciation des anarchistes lors des attentats des années 1893-1894 ou lorsque Georges Clemenceau s'en prenait à la CGT en 1906.

Plus tard, Albert Sarraut dénonçait les communistes en expliquant le 23 avril 1927 le «communisme voilà l'ennemi». En 1951, Charles de Gaulle s'en prend au séparatisme communisme. Charles Pasqua en 1986 voit «des gauchistes et des anarchistes de tout poil et de toute nationalité».

Depuis les années 2000, l'ultra-gauche a souvent été placée sur le banc des accusés, tantôt comme responsable de sabotages dans l'affaire dite de Tarnac durant laquelle Libération, par exemple, a supposé en novembre 2008 que l'ultra-gauche était responsable du sabotage du réseau TGV, tantôt comme initiatrice des mouvements émeutiers, ce dont certains courants de la gauche se sont toujours réclamés.

(...)

Dans les années 1960, elle converge avec l'analyse de certains groupes libertaires eux aussi hostiles à l'action syndicale. L'expression d'ultra-gauche définit alors également une partie des libertaires, les situationnistes et des militants révolutionnaires sans attache partisane particulière piochant dans les différents corpus militants pour constituer de nouvelles pistes de réflexion en rupture avec la société.

Par commodité, l'expression ultra-gauche désigne alors tous les groupes aux marges externes de l'extrême gauche léniniste –trotskiste ou maoïste– et de la gauche antiautoritaire –libertaire, autogestionnaire. Le qualificatif d'ultra-gauche intègre alors la gauche émeutière, qui aujourd'hui se définit comme telle et revendique cette pratique sociale et politique.

Tous ces groupes se méfient des institutions et de la presse officielle, les déclarations actuelles sur leur lien supposé avec Libération et Mediapart ayant suscité des remarques aussi amusées que narquoises, tant les liens semblent et sont inexistants.

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