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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Valérie Zenatti...

26 Novembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Je remonte par la rue Petrowicz, retrouve la rue Olga Kobylyanska, j’aime prononcer cette phrase, égrener les noms des rues et connaître les trajets qui mènent de l’une à l’autre, j’aime que ta ville me soit si familière, Aharon. Ici, la nuit de ta mort a rejoint celle de ta naissance, la nuit des paroles oubliées a rejoint celle du silence, son immensité immobile, j’aime que nos enfances soient ainsi mélangées, et pas seulement nos enfances mais les traces qu’elles ont laissées en nous, vivantes, ne demandant qu’à prendre des formes nouvelles au contact des mots, des images qui nous traversaient, des découvertes que nous faisions, en retournant vers ta ville, en la quittant, en y revenant encore, tu m’as enseigné la fidélité à soi-même et la liberté, tissées dans un même geste, un même corps, l’adulte pouvait rejoindre l’enfant et l’enfant rejoindre l’adulte, la vie était tout sauf figée, elle était plus que jamais mouvement, voilà, c’est peut-être l’image que je cherche depuis ta disparition, elle est un peu floue puisqu’il s’agit d’un mouvement, celui que je te dois, celui qui donne du courage, qui fait que l’on ne reste pas pétrifiés dans le passé mais au contraire vivants, portant en nous tout ce que la vie a déposé, et innocents encore, capables d’aimer, de croire à l’amour et de lancer un regard circulaire sur chaque jour, effleurant à la fois l’instant et la parcelle d’éternité contenue dans cet instant, je te dois cela, oui, la conscience aiguë du dérisoire et du sacré de nos vies.

Valérie Zenatti- Dans le faisceau des vivants

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