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Vivement l'Ecole!

Blanquer et Darmanin, symboles et symptômes de l’échec de Macron...

25 Novembre 2020 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

Blanquer et Darmanin, symboles et symptômes de l’échec de Macron...

Les deux hommes forts du dispositif imaginé par Emmanuel Macron sont mis en difficulté. Mais plutôt que de s’interroger sur ses choix politiques, le président de la République laisse faire. Et relativise.

Le dispositif gouvernemental imaginé par Emmanuel Macron est en train de s’effondrer, emportant avec lui toutes les promesses de 2017. En l’espace de quelques jours, deux ministres, jusqu’ici présentés comme les pièces maîtresses de l’équipe choisie en juillet par le président de la République, ont détruit l’édifice déjà fragile de La République en marche (LREM). Deux ministres issus de la droite dure, placés là pour satisfaire le nouvel électorat du chef de l’État, et laissés libres de faire ce qu’ils veulent. Quitte à défaire tout le reste.

Depuis qu’il est entré Place Beauvau, Gérald Darmanin a acquis une autonomie qui ne laisse de surprendre jusque dans les rangs de la majorité et du gouvernement. Tout comme Jean-Michel Blanquer, ce ministre de l’éducation nationale chouchouté par l’Élysée, qui disserte sur ses marottes prétendument républicaines sans jamais être recadré. Une stratégie assumée de longue date par Emmanuel Macron, qui confiait déjà, en octobre 2019, à l’hebdomadaire d’extrême droite Valeurs actuelles « J’ai beaucoup utilisé la carte Jean-Michel Blanquer. »

(...)

Après les révélations de Mediapart, puis celles de Libération, le ministre de l’éducation nationale n’a rien trouvé de mieux que de s’en prendre à un supposé « secteur de l’ultra-gauche [ne pensant] qu’à créer de la polémique à partir de rien ». Dans la foulée des éléments de langage distribués par son cabinet, une trentaine d’élus LREM ont qualifié les auteurs des enquêtes sur Avenir Lycéen de « Gramsci aux petits pieds » et aux « méthodes fascistes ». Un classique de la droite lorsqu’elle ne sait plus quoi dire.

Mais un classique qui tombe bien mal dans un moment où le pouvoir, pris la main dans le sac des lois liberticides avec le désormais fameux article 24 du texte sur la « sécurité globale », cherche par tous les moyens à prouver qu’il défend la liberté de la presse. Pour ce faire, Christophe Castaner, qui dirige le groupe LREM à l’Assemblée, a même adressé une « déclaration d’amour » aux journalistes. Dans la majorité, certains, comme le député Loïc Kervan, rappellent aussi à leurs collègues de banc qu’ils se grandiraient à ne pas réagir ainsi.

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L’exécutif a un problème politique, mais il ne le réglera pas. Ou plus exactement, il tentera de l’étouffer en passant par d’autres voies que celles des responsabilités premières, qui devraient logiquement incomber aux ministres concernés. « Quelques personnes pourraient en faire les frais dans les services, à la Dgesco [direction générale de l’enseignement scolaire – ndlr] dans le cas de Blanquer, et à la préfecture de Paris pour ce qui est des événements de la place de la République », imagine le député Aurélien Taché, qui a quitté LREM au printemps dernier. Mais en aucun cas, poursuit-il, Emmanuel Macron ne se séparera de Jean-Michel Blanquer et Gérald Darmanin.

(...)

Emmanuel Macron continue de penser qu’il ne faut « rien céder » à ce qu’il considère être des pressions extérieures. Il tente des « coups » pour voir si ça passe. Et laisse chacun « prendre son risque », selon une formule qui lui est chère. Plutôt que de remettre en cause ses choix politiques, il balaie les critiques en les renvoyant aux combats politiques de ses interlocuteurs ou à leur manque de compréhension. Ce faisant, il oppose aux colères un relativisme permanent, créant une société où tout se vaut et où rien n’est vraiment grave.

Il touche aux lois fondamentales, l’air de rien. Il clive la société, l’air de rien. Il piétine ses promesses d’« humanité » et d’« exemplarité », l’air de rien. Dans la majorité, la plupart des élus continuent de le soutenir aveuglément, mais certains, de plus en plus nombreux, expriment toutefois leur « honte ». Une honte qui s’est traduite, mardi 24 novembre, par l’abstention (30 LREM, 18 MoDem) ou le vote contre (10 LREM, 5 MoDem) de plusieurs députés de la majorité sur la loi « sécurité globale ». « Nous allons tranquillement vers un État autoritaire », a récemment dénoncé l’élue LREM de la Loire Nathalie Sarles« Monsieur le Président, nous n’avons pas voté pour ça », ont aussi rappelé une trentaine de personnalités dans cette tribune.

Le risque serait désormais qu’après « ça », plus grand monde ne vote

Ellen Salvi

L'article complet est à lire en cliquant ci-dessous

https://www.mediapart.fr/journal/france/241120/blanquer-et-darmanin-symboles-et-symptomes-de-l-echec-de-macron?utm_source=20201124&utm_medium=email&utm_campaign=QUOTIDIENNE&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-[QUOTIDIENNE]-20201124&M_BT=16590131223

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