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Vivement l'Ecole!

Pour les élèves de 6e, une rentrée masquée déstabilisante...

15 Septembre 2020 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Pour les élèves de 6e, une rentrée masquée déstabilisante...

EXTRAITS

L’entrée au collège constitue toujours pour des enfants de 10 ou 11 ans un plongeon dans l’inconnu. Le protocole sanitaire strict vient compliquer un peu plus ce moment. Deux semaines après la rentrée scolaire, parents et enseignants témoignent.

Un nouvel établissement à découvrir, les bons cahiers à mettre pour le jour idoine dans le sac à dos, l’emploi du temps à assimiler, les professeurs qui se multiplient et qu’on a encore tendance, les premiers jours, à appeler « maître » ou « maîtresse »… Pour les élèves de 6e, l’arrivée au collège est toujours synonyme de multiples adaptations qui sont autant de petites angoisses nouant l’estomac au moment de la rentrée. Cette année, au moment de plonger dans le grand bain, ces questionnements entrent en collision avec les inquiétudes sanitaires du moment.

Durant l’été, Salomé, 10 ans, angoissait déjà un peu de savoir si les professeurs de son collège du Sud parisien seraient « sympas ». Alors lorsque peu avant la rentrée scolaire a été annoncée l’obligation de porter le masque durant la journée de classe, elle se souvient avoir « poussé un cri » : « On devait déjà le mettre dans les transports, mais là, ça allait être pire », raconte-t-elle. Léa, 11 ans, qui vient de faire sa rentrée dans un établissement de Seine-Saint-Denis, raconte, elle, s’être carrément « demandé comment [elle allait] faire pour respirer ».

(...)

Le « th » anglais avec un masque…

Marine n’est pas la seule à s’être permis de quitter le masque. Des professeurs de langues racontent parfois dévoiler fugacement leur visage. Car comment expliquer à bouche couverte à des 6e, débutants ou presque dans ces matières, les subtilités de la prononciation du « ch » en allemand ou du « th » en anglais ?

Si le professeur masqué peut perturber ces tout frais collégiens, à l’inverse, le visage « incomplet » des élèves n’est pas sans poser de problèmes pédagogiques. Outre le fait de devoir parfois faire répéter les élèves, leur voix fluette étant assourdie par le masque, il n’est pas toujours évident de percevoir l’incompréhension d’un enfant dont on ne voit que les yeux. « Les 6e n’osent pas toujours dire qu’ils n’ont pas saisi quelque chose », souligne Marine. Comme beaucoup de professeurs, elle essaie donc d’accentuer le langage non-verbal des yeux et du corps. L’enseignante note d’ailleurs cette année que, parmi les 6e, les élèves inhibés, mutiques, sont un peu plus nombreux que d’habitude tandis que la part d’expansifs a décru, « comme s’il y avait un petit blocage ».

(...)

Aujourd’hui, le pli du masque semble pris chez les 6e. « Ce qui est encourageant, c’est que pendant que nous, adultes, nous râlons, eux restent assez relax, résume Gael, la mère de Marie, élève dans un collège rural en Corse. Malgré le contexte, les enfants s’adaptent mieux que nous. Ils se demandent ce qu’ils vont manger à la cantine le midi. »

 

Chez Laëtitia, la professeure de lettres dans la banlieue parisienne, l’inquiétude demeure néanmoins. Deux de ses élèves de 6e ne se sont jamais présentés. Les parents ont mis en avant des difficultés à respirer avec le masque ou leurs craintes liées à l’asthme dont souffrent leurs enfants. « J’ai peur qu’en raison du masque, les parents soient plus coulants sur le fait que leurs enfants n’aillent pas à l’école. On risque de perdre des élèves », s’alarme-t-elle.

Cet article paraît dans « Le Monde de l’éducation ». Si vous êtes abonné au Monde, vous pouvez vous inscrire à cette lettre hebdomadaire en suivant ce lien.

Joséphine Lebard

L'article complet est à lire en cliquant ci-dessous

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