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Vivement l'Ecole!

Egalité des chances : « Les inégalités éducatives territoriales ne sont pas uniquement celles que l’on croit »

30 Septembre 2020 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Collège Rural | Collège rural Collège vital | France

EXTRAITS

A la suite des annonces de l’exécutif pour promouvoir l’égalité des chances en élargissant les « cordées de la réussite », les chercheurs Pierre Champollion, Patrice Caro et Angela Barthes rappellent, dans une tribune au « Monde », le poids des représentations des élèves venus de zones rurales.

Les difficultés scolaires au sens large, hors questions pédagogiques et didactiques, tiennent non seulement aux caractéristiques individuelles des élèves, mais aussi aux différents contextes (sociaux, politiques, institutionnels, territoriaux, etc.) qui ont un impact sur les apprentissages et enseignements. Les inégalités d’éducation et, surtout, d’orientation d’origine contextuelle fissurent largement l’égalité des chances que la République appelle de ses vœux.

Ces inégalités éducatives ont été traitées dans les décennies précédentes par de rares initiatives politiques territorialisées spécifiques (type éducation prioritaire, moratoires ruraux, projets éducatifs territoriaux). Depuis quelques années, de nouveaux dispositifs (« cordées de la réussite », internats d’excellence, etc.) se sont fait jour au bénéfice des meilleurs élèves des milieux défavorisés. Mais ces dispositifs « innovants » destinés à quelques-uns – les plus « méritants » ! –, que les récentes annonces présidentielles promettent de multiplier dans les zones rurales et les quartiers urbains défavorisés, ne font pas pour autant une politique de lutte contre les inégalités éducatives qui, en améliorant les conditions d’apprentissage et d’enseignement, s’adresserait à tous.

(...)

Les jeunes ruraux et montagnards – pour s’en tenir à eux – répugnent souvent, dès leur plus jeune âge, à vouloir s’engager plus tard dans les formations longues et générales auxquelles leurs résultats scolaires leur permettraient d’accéder. Ces jeunes ruraux (dont il ne s’agit pas de les forcer à faire des choix d’orientation dont ils ne voudraient pas mais de leur permettre par un accompagnement pédagogique adapté d’accéder à toutes les formations que leur niveau les « autorise » à choisir s’ils le veulent) n’ont ainsi, à niveau scolaire égal, pas autant accès que les autres à l’ensemble de la palette des choix d’orientation, comme l’ont mis en évidence – spécifiquement pour les territorialités rurales et montagnardes – les recherches menées par Pierre Champollion (Des inégalités d’éducation et d’orientation d’origine territoriale, L’Harmattan, 2013). Notre école, vue au travers de l’orientation, n’est pas aussi démocratique qu’elle ne se pense…

(...)

Les remèdes commencent pourtant à être connus : pour ne pas voir leurs projets impactés par une territorialité dont ils ne perçoivent pas les effets, il faut aider les élèves à retrouver une part de leur liberté individuelle – par un lent travail d’accompagnement psychopédagogique dès l’école primaire – en leur faisant progressivement prendre conscience que les projets qu’ils conçoivent sont, comme tous les projets, alimentés par des représentations, qui dans ce cas les entraînent en deçà de leurs capacités individuelles… Il faudrait aussi, bien sûr, former les enseignants à un tel accompagnement personnalisé ! Plus facile à dire qu’à faire, mais un processus d’orientation éclairé et démocratique inscrit dans le cadre d’une véritable politique d’égalité des chances est sans doute à ce prix…

A lire en intégralité en cliquant ci-dessous

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