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Vivement l'Ecole!

Des évaluations, pour faire quoi ?

16 Septembre 2020 , Rédigé par Parti Socialiste Publié dans #Education

Des évaluations, pour faire quoi ?

Des évaluations, pour faire quoi ?

Les évaluations nationales 2020 débutent aujourd’hui. Avec la crise sanitaire, l’éducation nationale incite les enseignants à pratiquer des évaluations de tous les élèves afin de mesurer les effets du confinement du printemps dernier. Des questions particulières ont même été ajoutées pour connaître le vécu de l’élève pendant le confinement.

Pour les classes charnières, les évaluations sont systématiques et mettent l’accent sur les mathématiques et le français. Un test de fluence - lecture à haute voix durant une minute - a été introduit en sixième, et tous les élèves qui entrent en seconde sont désormais testés.

Sur le terrain, peu de résistances. Nombre d’enseignants ont d’ailleurs devancé les prescriptions ministérielles et déjà organisé leurs propres tests. Mais à quoi vont servir ces évaluations ?

L’idée d’une cartographie nationale des besoins des élèves peut parfaitement s’entendre. Si l’on en tire les bons enseignements. Et c’est là que le bât pourrait blesser.

Les enseignants pourraient, par exemple, se voir tenus pour responsables du recul du niveau des élèves, prolongeant le procès en assiduité qui leur a été fait à l’issue du confinement.

Le ministre de l’Éducation nationale pourrait se persuader que le rattrapage est l’affaire d’un trimestre. Il considère qu’avec 1,5 million de soutiens, il peut éradiquer les effets du décrochage du printemps. Les spécialistes de l’éducation indiquent pourtant qu’il faut des mois, parfois des années, pour voir les signes du décrochage se manifester. Ce n’est donc pas d’un coup de pouce ponctuel, mais d’un soutien durable, dont ces élèves auront besoin. 

Le ministre se satisfait de compter 1.600 postes supplémentaires en primaire alors qu’il accueillera moins d’élèves. Mais il oublie de préciser que ce sont les zones rurales qui seront prioritaires, au détriment des quartiers populaires. Il omet en outre d’ajouter qu’il a déshabillé le secondaire qui comptera près de 30.000 élèves de plus mais en perdant 440 postes !

Enfin, cette évaluation permettra-t-elle de donner les moyens nécessaires aux écoles qui en ont réellement besoin ? C’est toute la question. L’évaluation ne doit pas servir à conforter une politique, mais à l’interroger. Le ministre Blanquer y est-il prêt ?

Yannick Trigance

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