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Vivement l'Ecole!

Jean Zay... Assassiné par la milice le 20 juin 1944. Un grand ministre de l'Education...

20 Juin 2020 , Rédigé par Divers Publié dans #Education, #Histoire

Lettre de Jean Zay, en date du 19 juin 1944, lue par Najat Vallaud-Belkacem, Ministre de l'Education Nationale en hommage à celui qui devait être assassiné le 20 juin de la même année.

Jean Zay, l’un des pères de la démocratisation de l’École – Préface de l’ouvrage d’Antoine Prost et Pascal Ory

Retrouvez ici la préface de l'ouvrage d'Antoine Prost et Pascal Ory consacré à Jean Zay, préface signée Najat Vallaud-Belkacem. L'ouvrage est co-édité par Tallandier et Canopé.

Certains individus accomplissent très jeunes ce que d’autres mettent une vie à construire : Jean Zay fut de ceux-là.

Engagé politiquement dès ses études secondaires, député à 27 ans, ministre à 32 ans, responsable d’un large périmètre englobant à la fois l’éducation nationale, la recherche, les beaux arts, le sport et les loisirs, Jean Zay a fait bouger les lignes en faisant ce qu’aucun autre n’avait fait avant lui, et à un âge où personne ne l’avait fait.

Car au fond, Jean Zay est, après Jules Ferry, le deuxième à avoir jeté les bases de l’école républicaine telle qu’on la connaît aujourd’hui. Il n’était pas un expert, mais un homme politique charismatique porteur d’un esprit réformateur et capable de convaincre, autour de lui, de la nécessité de faire évoluer l’École de la République.

Dans l’esprit collectif, Jean Zay reste aujourd’hui le jeune ministre brillant, foudroyé en pleine ascension ; un symbole du Front Populaire, conscient très tôt des dangers liés à la montée du fascisme et de l’antisémitisme dont il fera personnellement les frais, d’abord victime d’une campagne de haine et de dénigrement, avant de payer de sa vie, dans des conditions tragiques en 1944, tout ce qu’il représentait.

Mais tous ne le savent pas, Jean Zay fut aussi l’un des pères de la démocratisation de l’École. Celui qui, avant beaucoup d’autres, a compris que la France ne pouvait se satisfaire d’un système scolaire à deux vitesses déterminé socialement, avec un lycée réservé à une élite, et a fait évoluer l’Ecole vers un système unique, fondé sur les degrés. Celui qui aura fait passer la durée de la scolarité obligatoire de 13 à 14 ans, le 9 août 1936. Celui, également, qui aura su imposer sa méthode pour assurer une transformation rapide de la société : c’est par une politique minutieuse et volontariste de décrets, d’arrêtés et de circulaires que Jean Zay a contribué à bâtir, pas à pas, un système scolaire plus égalitaire.

Précurseur, Jean Zay n’a pas hésité non plus à réformer l’éducation en passant d’abord par des expérimentations, là aussi pour convaincre, pour tester des pédagogies nouvelles, pour avancer.

Il aura de plus créé un évènement aujourd’hui constitutif du patrimoine culturel français, le Festival de Cannes. Homme de culture et visionnaire, désireux de permettre à chaque enfant d’accéder à la culture, il crée le musée d’art moderne et celui des Arts et des Traditions populaires, en même temps qu’il développe les loisirs dirigés, parce qu’il a à cœur, déjà, « [d’]ouvrir la maison de la jeunesse à la vie ».

Un grand ministre réformateur, ouvert sur le monde et féru de déplacements internationaux, un soldat courageux de la Seconde guerre mondiale, un prisonnier stoïque victime d’un procès politique ; un homme aussi avec sa part d’intimité et sa famille : c’est l’ensemble de ces aspects de la vie de Jean Zay que retrace cet ouvrage, au moment où nous nous apprêtons à célébrer son entrée au Panthéon en même temps que trois autres grandes figures qui incarnent l’esprit de résistance comme autant de modèles pour les élèves d’aujourd’hui : Pierre Brossolette, Geneviève De Gaulle Anthonioz et Germaine Tillion.

Cette cérémonie sera l’occasion, j’en forme le voeu, d’un grand moment de commémoration nationale autour des valeurs de Jean Zay, qui restent actuelles dans l’Ecole que je tâche de construire. Une Ecole dans laquelle, comme l’écrivait Jean Zay, « on élève un enfant pour qu’il vive et achève pleinement sa destinée, pour qu’il tire le meilleur parti de ses aptitudes ».

Najat Vallaud-Belkacem

55ème Congrès international de la Ligue de l’Enseignement
Nice – Dimanche 28 mai 1939
Séance de clôture du Congrès

Discours de Jean Zay, Ministre de l’Education Nationale

(...)

Mesdames, Messieurs, je veux ici rendre hommage à la Ligue Française de l’enseignement. Elle est si vraiment incorporée à l’existence de l’Ecole et du Ministère qui est chargé de veiller sur son destin, que j’ai pu, malgré la suppression des déplacements ministériels, être parmi vous sans autorisation spéciale de M. le Président du Conseil puisqu’il s’agit d’une manifestation technique de l’Ecole.

La Ligue Française de l’Enseignement remplit, en effet, bien souvent des fonctions qui devraient naturellement incomber à l’Etat, qu’il ne remplit pas, faute de moyens matériels, faute aussi d’avoir jusqu’ici porté à leur expression suprême certaines de ses institutions scolaires, mais que la Ligue, elle, assume avec une bonne grâce, une spontanéité, une générosité de cœur et d’esprit auxquelles je dois rendre hommage.

Vos fédérations, qui couvrent aujourd’hui la France d’un réseau serré et attentif, rassemblent tous les amis de l’école et vous entendez ce terme au sens large et complet. Or, le rôle de ces amis de l’école ne s’arrête pas aux limites d’une heure de classe ou au terme de la scolarité ; il se poursuit dans le domaine postscolaire, dans la vie toute entière, qu’il s’agisse des sports, du cinéma, des bibliothèques, des vacances, etc…

Nous avons travaillé ensemble. Récemment encore, la Ligue de l’Enseignement inscrivait à son actif des réalisations, telles que l’ouverture de ce Bureau de Documentation professionnelle, auquel nous avons été heureux d’assurer la subvention nécessaire, et qui, en collaboration avec le Bureau Universitaire de Statistique, donnera à tous les jeunes qui n’ont que la formation primaire, les indications utiles sur les professions qu’ils peuvent envisager, auxquelles ils peuvent accéder.

Vous avez ainsi formé, dans nombre de domaines, des réalisations dont vous comprendrez que tout à l’heure, je veuille dire un mot…Mais saluant tous les militants de cette œuvre admirable, je féliciterai d’abord le Président de la Ligue, mon ami Brenier, qui s’est consacré entièrement à cette tâche, qui lui donne, non seulement son temps, mais son intelligence, son don étonnant de construction et de réalisation, et une perspicacité qui font qu’on le rencontre toujours sur les chemins utiles à l’école, et, partant, au pays, et qui, avec un désintéressement total et une ardeur inégalable, remplit dans la France une des missions les plus élevées et les plus notables qui soient.

Je ne veux pas nommer ses collaborateurs, vous le comprendrez…Aussi bien un certain nombre sont-ils les miens, et les partageons-nous en commun ; mais si je résume en la personne de M. Brenier, l’hommage que j’adresse à tous les conducteurs de la Ligue, vous comprendrez que je veuille saluer spécialement les liens qui, à travers le monde, vous unissent à ceux qui pensent comme vous, et que je les souligne en disant avec quel plaisir, quelle joie et quelle émotion même, nous avons retrouvé – puisqu’il fut déjà des vôtres – M. Smelten, président de la Ligue Belge, qui apporte parmi vous, non seulement l’affection de ceux qui habitent hors de nos frontières, mais celle du noble et magnifique pays auquel nous nous sentons si étroitement associé.

Il y aura trois ans dans quelques jours, nous commencions, ou plutôt je continuais avec vous la collaboration qui m’avait rapprochée de mes prédécesseurs, trois années traversées de difficultés qui n’émanaient pas de l’Ecole mais qui se répercutait sur elle, difficultés financières, difficultés internationales. Nous pouvons les considérer avec la satisfaction d’y avoir dignement fait face. La collaboration de la Ligue de l’Enseignement avec toutes les institutions officielles de l’Ecole s’est poursuivie chaque jour. Il serait impossible, en cet instant, d’en résumer toutes les étapes. Laissez-moi, en quelques mois, évoquer les dernières circonstances où elle s’est manifestée.

(...)

Jean Zay

Le discours complet est à lire en cliquant ci-dessous

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