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Vivement l'Ecole!

Une Ecole pour ce XXIe siècle qui commence aujourd'hui... (3)

7 Avril 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Une Ecole pour ce XXIe siècle qui commence aujourd'hui... (3)
  • Pour une politique de formation pédagogique des personnels éducatifs et des acteurs sociaux en général.

 

Un établissement pédagogique constitue une communauté éducative où chacun a sa part dans la prise en charge des enfants et des jeunes qui lui sont confiés. À la création des MAFPEN (Missions académiques de formation des personnels de l’éducation nationale) par Alain Savary, en 1982, une pratique s’était développée dans certaines académies de ne pas réserver la formation « pédagogique » aux seuls enseignants. Certains chefs d’établissement novateurs trouvaient pertinents de proposer à l’ensemble des personnels de leur établissement (enseignants, surveillants, documentaliste, personnel administratif) des formations généralistes (l’évaluation, la Pédagogie de projet, l’orientation par exemple, la violence) sur des journées banalisées. Révolutionnaire, dans le contexte : un établissement fermé pour que l’équipe éducative pense collectivement l’éducation. Certes la situation était très inégale d’une académie à l’autre et la création des IUFM en 1989 a quelque peu « cassé » ce processus au profit de formations plus ciblées, voire teintées de corporatisme. Mais cette vision globale, généreuse, serait sans doute à revisiter. Dans les zones sensibles par exemple, cela permettait – pour la communauté des adultes de l’établissement – de parler un langage commun.

 

  • Pour une politique d’ouverture vers la recherche et la documentation pédagogique

 

La recherche pédagogique et didactique souffre en France d’une absence de diffusion et de vulgarisation intelligente. Les revues disciplinaires spécialisées restent le plus souvent confidentielles. La documentation pour la classe est considérée comme incombant aux enseignants qui investissent à titre privé dans du matériel pédagogique (heureusement aidés désormais par les richesses trouvées sur internet ou par des outils de plus en plus performants à condition que ces même performances soient maîtrisées par l'enseignant ET par les élèves). Les revues généralistes « pédagogiques » sont rares et reflet d’un certain militantisme, ce dernier terme n'étant pas un « gros mot », bien au cantraire. Ainsi, Les Cahiers Pédagogiques – dont la qualité est unanimement reconnue - sont la revue du CRAP (Cercle de Recherche et d’Action Pédagogique), mouvement pédagogique dans la mouvance du courant de l’Éducation nouvelle, et dont la devise est : changer l’école pour changer la société, changer la société pour changer l’école !

 

L’État et les collectivités territoriales – selon leur niveau de compétence – doivent contribuer désormais et de façon ambitieuse à ce que chaque établissement soit le bénéficiaire d’une large diffusion des outils professionnels nécessaires à un enseignement de qualité (ouvrages, revues, CD Rom, accès à internet et toutes les autres innovations à venir tant ces innovations sont nombreuses). Ce propos peut surprendre tous ceux qui bénéficient déjà d’un environnement professionnel riche. Il faut se méfier de l’effet métropole et de la vision induite par les établissements urbains (voire même centre-ville). À côté de beaucoup d’acteurs qui pourraient trouver ce propos évident, combien y a-t-il de petites communes, d’établissements sans marge de manœuvre financière, qui ne peuvent se permettre d’offrir de telles possibilités à leur personnel, parfois débutant. D’ailleurs, puisque les collectivités territoriales gèrent pour partie l’école (commune), le collège (département) et le lycée (Région) pourquoi ne pas imaginer que l’État finance la diffusion de données professionnelles plus globales ? Pourquoi ne pas imaginer que les sites académiques en ligne, s’ouvrent davantage aux enseignants en permettant des débats, des propositions originales au lieu de rester – avec un bonheur bien inégal – « la » parole institutionnelle descendante de ce qu’il convient de faire en classe ?

 

  • Pour une politique de « casse des ghettos socio-scolaires »

 

D’une manière générale, la « maison école » est à construire en étudiant, de manière positive, les propositions des professeurs, des parents, des habitants des quartiers « difficiles » (ou pas) qui ont légitimement une expertise. Les actions ou projet d’actions, portés par chacun en concertation avec les autres, permettront de construire un sens collectif pour l’École. Il y a un déficit grave de réelle communication autour de l’École. À tous les échelons, les informations sont souvent descendantes ou, en tout cas, perçues comme telles. Les institutions et les usagers quotidiens de l’École doivent se parler, se connaître, se comprendre et agir ensemble. Tout projet doit être visible et lisible pour tous les usagers de l’École. Pour cela, la coopération doit être totale entre l’École, les institutions territoriales concernées et ceux qui les élisent finalement… parents et enseignants.

 

Christophe Chartreux

 

Chapitres 1 et 2 en cliquant ci-dessous

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