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Vivement l'Ecole!

"Rentrée scolaire" - Le 11 mai et ses dénis...

17 Avril 2020 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education

"Rentrée scolaire" - Le 11 mai et ses dénis...

EXTRAITS

A la crise sanitaire particulièrement grave que traverse le pays, est en train de s'ajouter chez une grande partie des enseignants une incompréhension de la politique menée par le gouvernement. Cette situation n'existe que par la posture prise par un gouvernement qui parle beaucoup mais ne met pas en débat ses choix. Or les enseignants méritent la vérité.

Le déni de la reprise

"On voit des collègues qui sont persuadés qu'ils seront dans leur classe le 11 alors qu'on parle bien de progressivité et pas partout, non?". Cette remarque, lue sur Twitter le 16 avril, nous l'avons également entendue chez de nombreux enseignants avec qui nous avons été en contact depuis le 14 avril.

Nombreux sont les professeurs, aussi bien dans le premier que le second degré, qui ont compris que la réouverture des classes et des écoles ne serait que très partielle en mai voire même en juin. Cela nous revient presque à chaque contact avec un enseignant sans que ces professeurs puissent faire état d'une instruction officielle en ce sens.

Certains croient que la reprise sera tellement "progressive" qu'elle s'étalera sur un temps très long. D'autres saisissent le mot "progressif" dans le sens où la réouverture ne concernerait qu'une petite partie des écoles et des établissements.

(...)

Les enseignants sont des acteurs pas des objets

Des gouvernements ont expliqué tout cela. Mme Merkel, par exemple, a expliqué ce que voulait dire le taux de contamination. Le gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles le fait aussi quand il parle de la réouverture des classes.

En France, ni E Macron, ni JM Blanquer ne parlent de l'impératif économique alors qu'il est évident que c'est lui qui guide leur politique. Ils n'ont donné aucun argument sanitaire à leur surprenant revirement concernant l'ouverture des écoles.

Ils pensent ainsi éviter le débat. Or, à l'évidence, ces choix doivent être débattus. Pour réussir la reprise les enseignants doivent être des acteurs conscients pas des objets. Les enseignants ont le droit de savoir pourquoi on leur fait prendre de tels risques. Ils ne doivent pas être les objets d'une politique gouvernementale mais bien en être les acteurs. Sans leur collaboration on risque fort d'aller à la catastrophe. Or ils sont parfaitement à même de faire les choix nécessaires, même quand ils ne sont pas faciles. Comme enseignants ils sont confrontés à des situations difficiles et assument au quotidien leur rôle d'adulte dans la classe.

Cette exigence de vérité est une exigence d'éthique. Or il faut bien dire que c'est sur ce terrain que le ministère actuel pêche. On l'a vu , au nom de l'efficacité, demander aux jurys d'inventer des notes pour le bac 2019. On l'a vu , au nom de l'efficacité, accepter de donner le bac sur livret scolaire aux élèves des établissements hors contrat en 2020. On le voit maintenant, toujours parce que ça semble plus efficace, faire le choix de la réouverture sans l'expliquer et entretenir le brouillard sur son application. Le résultat n'est pas efficace : c'est le déni qui s'installe et les crises à venir. Le débat doit s'ouvrir.

François Jarraud

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

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