Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

Enfants confinés : "On n’a plus trop de moments de liberté" - "Mettre à distance le stress de l’école"

10 Avril 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Enfants confinés : "On n’a plus trop de moments de liberté" - "Mettre à distance le stress de l’école"

EXTRAITS

En cette quatrième semaine de confinement, donnons la parole aux enfants. Sont-ils inquiets ? Que ressentent-ils loin de leur famille ou des copains ? L’école leur manque-t-elle ? Ont-ils des projets ? Voici leurs réponses, à l’oral ou à l’écrit, à travers leurs textes et créations.

Les enfants sont autant touchés par les conséquences du coronavirus que leurs parents. Pourtant, on les entend peu depuis le début du confinement, il y a quatre semaines. Nous avons choisi de les laisser s'exprimer par différents moyens : écrit, parole ou dessin. Ils nous racontent leurs peurs, la surexposition aux informations, la vie enfermée à la maison, l'importance de la famille, des copains et des copines. Ils nous décrivent l'école à distance, avec le contrepoint de la psychanalyste et psychologue Danielle Dalloz.

Le coronavirus, centre des préoccupations

Du haut de ses huit ans et demi, Milena le dit sans détour : si elle n’avait pas attrapé le Covid-19, elle apprécierait pleinement son confinement. Pour l’instant, "ce n’est pas très réjouissant", soupire-t-elle. Depuis plusieurs jours, en effet, elle se plaint de maux de tête et de courbatures. "Un jour, je n’ai plus senti le goût des aliments", raconte-t-elle. La maladie ? Elle l’a sûrement contractée en allant voir son père, quelques jours avant qu’il soit hospitalisé à Nantes, en Loire-Atlantique. "Il est resté dix jours aux urgences. J’étais très triste pour lui et il me manquait beaucoup parce que c’est grave." Milena a, depuis, revu son père, sorti de l’hôpital et guéri. Elle imagine que son corps a réussi à battre un "virus très méchant", un virus qu’elle décrit avec ses mots d’enfant : "Je pense à une espèce de grosse boule avec plein de pustules. Elle s’accroche et elle se multiplie dans toutes les parties du corps". En attendant de vaincre la "grosse boule", Milena prend soin de respirer à plein poumons l’air du jardin et de se laver les mains, "vu que la maison est pleine de virus"

(...)

Le confinement donne aussi des envies de liberté à Ismaël, 11 ans, qui nous écrit ce texte, intitulé "SEUL" :

"La ville de mes rêves serait un village. J’aime plus les villages, je trouve ça moins bruyant. Mon village serait un endroit où je vivrais seul. Je préfère être seul, on ne risque pas de se disputer et on peut être tranquille. Et puis être seul, j’aime ça, car personne ne peut donner son avis à part toi. Dans mon village, il y aurait un magasin, une salle de sport, une maison écologique puis un cinéma. Tout serait à moi. Je pourrais faire ce que je veux quand je le veux. Personne ne pourrait rien me dire. Le gouvernement ne connaîtrait pas ce village. Ce village, je le nommerais : "Seul". Je sais que mon idée peut paraître choquante pour certaines personnes. Mais en ce moment nous sommes tous enfermés chez nous en famille et tout le monde rêverait d’être seul."

Les enfants ont, en effet, besoin de moments seuls. "Vers 7 ou 8 ans, ils apprennent à être eux-mêmes et à pouvoir dire "je", note Danielle Dalloz. On a compris qu’il pouvait apprendre à lire, à écrire, donc l’enfant peut commencer à avoir sa pensée à lui. Il faut le préserver."

(...)

Entretenir le lien social, malgré tout

Si certains veulent être seuls, d’autres rêvent, au contraire, de retrouver leurs copains et leurs copines. Ils trouvent souvent "bizarre" de ne plus les voir alors qu’ils s’étaient "habitués" à les côtoyer chaque jour à l’école. 

Ambre confirme : "J'aimerais pouvoir revoir mes copines parce qu’elles me manquent énormément. On a le même âge, on rigole et je peux leur raconter ma vie. En ce moment, on échange par mail. On s’envoie deux ou trois messages par jour". 

De 6 ans à 12 ans, c’est la première ouverture au monde social.

Anya a plus de chance. Sa meilleure amie habite la maison voisine, dans une commune près de Nantes. La jeune fille de 11 ans n’a qu’à adosser une échelle contre le mur du jardin mitoyen, grimper dessus et voir son amie. Elles jouent à des jeux de défis et de mimes. Pour ses autres copains, Anya doit attendre la fin du confinement. "On ne s’est pas rendu pas compte que ça durerait si longtemps. La prochaine fois, il faudra qu’on essaie de passer plus de temps ensemble. Il faut toujours profiter au maximum que chaque minute pour se préparer s’il y a un nouveau problème. C’est ce que j’ai appris de ce confinement", dit-elle.

(...)

Pour Sacha, 11 ans, "les copains c'est la deuxième famille". Confiné à Rennes, il regrette de ne pas pouvoir jouer avec eux. "J'ai l'habitude d'être avec eux quand il y a école. Quand j'ai besoin de leur aide, ils m'aident. Et quand ils ont besoin d'aide, je les aide." Sacha aimerait aussi pouvoir parler davantage avec eux. "J'ai deux copains, je suis sûr de leur faire confiance, précise-t-il. Ça me manque parce qu'il y a plein de trucs que je leur dis et que je ne dis pas à ma famille" :

(...)

Mettre à distance le stress de l’école

Si pour la zone C les vacances ont commencé, des millions d'élèves ont dû poursuivre l'école à la maison, cette semaine encore. En Bretagne, chez Timothée, 13 ans, bon élève de 4ème, cela engendre un léger stress : "Je me dis qu’il faut bien travailler parce que sinon, pour les écoles supérieures, on sera un peu en retard et il faudra rattraper le temps perdu". Selon lui, "le travail fourni (ou non) peut avoir une grande influence à l'issue du confinement". Il ne veut rien regretter et essaie donc de faire le plus de cours possible.  

C'est un peu plus difficile pour Sacha. A 11 ans, il se rend compte de l'importance de ses professeurs. "Mes parents ne comprennent pas mes devoirs, donc tout est plus long", soupire-t-il. 

Leïla, en CM2, estime aussi que c'est plus compliqué "parce que la maîtresse n'est pas là pour nous expliquer quand on a des difficultés. Les parents doivent télétravailler donc on doit être autonomes", dit-elle. Grâce à des téléconférences, elle voit tout de même sa maîtresse tous les jours et elle s'en réjouit : ce sont les moments "où on va apprendre des choses"

(...)

Clara Lecoq Réale

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :