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Vivement l'Ecole!

En ces temps de confinement, ce fantastique récit de voyage par un fou du désert saharien... (+ vidéo)

27 Avril 2020 , Rédigé par Babelio Publié dans #Littérature

En ces temps de confinement, ce fantastique récit de voyage par un fou du désert saharien... (+ vidéo)

Arthur Rimbaud (celui du Harrar) et la petite Isabelle Eberhardt avaient un frère, et nous l'avions oublié ! Michel Vieuchange, dont les carnets de route furent publiés en 1932, soit deux ans après sa mort survenue à l'issue d'un voyage insensé au coeur des solitudes mauritaniennes, est en effet de ces poètes de l'errance dont le dernier mot et l'accomplissement ultime obéissent à la seule injonction du désert. Et pourtant Smara, récit parfaitement météorique, avait été salué à sa sortie par les voix les mieux autorisées - Paul Claudel, Louis Massignon, Émile Benveniste - et le jeune Théodore Monod. Paul Bowles écrivait encore tout récemment, à l'occasion de la réédition du livre en anglais - « Smara : un pèlerinage monstrueux au royaume de Nulle part! Voilà plus d'un demi-siècle que j'ai lu ce livre, et j'ai encore exactement en mémoire les péripéties de cette partie d'échecs qui se joue sous nos yeux entre Vieuchange et son destin. » Le fait est que la sécheresse d'une écriture réduite à l'essentiel confère aux cent épisodes de cette histoire déraisonnable et fascinante un caractère proprement inoubliable : nuits passées au fond du désert, campements balayés par le vent, oasis inespérées, rencontres inquiétantes ou fraternelles autour d'un feu de broussailles, découverte émerveillée de cités enterrées par le Temps; mais aussi la soif ardente, les blessures lentes à se cicatriser, la menace des pillards et des mauvais compagnons de route prompts à vendre ou à égorger le voyageur sans défense - et pour finir, l'épuisement, la maladie, la mort. Jamais en notre langue le désert n'avait été décrit, célébré, avec cette âpreté, cette violence - et cette poésie.

Correction:

Michel Vieuchange, contrairement à ce qui est affirmé dans la seconde vidéo, ne part pas d'Essaouira - à l'époque appelée encore Mogador. Il s'y préparera.

C'est en fait à El Jadida - la ville de toute mon enfance - où il vit, qu'il décide de quitter les hommes pour les sables...

Christophe

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