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Vivement l'Ecole!

« PISA nous révèle une école rigide, qui formate comme elle est formatée »...

10 Décembre 2019 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #PISA

« PISA nous révèle une école rigide, qui formate comme elle est formatée »...

EXTRAITS

Enchaînement des réformes, injonctions ministérielles, poids des disciplines sur la pédagogie, évaluations… « Il ne faut pas s’étonner que l’école française laisse des enfants sur le bord du chemin », estime l’expert international en éducation et ancien inspecteur général Roger-François Gauthier

(...)

Attente permanente de réponses

De façon assez banale, beaucoup de commentateurs de ces résultats, et jusqu’au ministre lui-même – qui se souhaitait récemment une longévité inédite pour contourner la difficulté – s’accordent à reconnaître qu’une des fragilités de ce système vient de la succession effrénée de réformes avortées ou retirées avant même d’être mises en œuvre, sans parler de leur évaluation jamais réalisée.

Dépassons ce constat : le problème ne vient-il que du rythme aberrant des réformes ? Ne réside-t-il pas plutôt, d’une façon moins repérée, dans le fait que chaque acteur, des enseignants au ministre, a pris l’habitude d’attendre de la réforme, de la solution qui se manifeste sous forme d’une injonction nationale descendante, qui décide de tout et règle jusqu’aux détails de ce qui doit se faire dans les classes ? Une invitation aux enseignants à ne pas chercher l’efficacité dans leur professionnalisme, mais dans ce qui va tomber d’un en-haut ignoré et intimidant.

(...)

L’enseignant français se distingue de la plupart de ses homologues en ce qu’il est contrôlé sur la conformité de mise en œuvre d’un programme national rédigé dans les moindres détails. Alors que, dans la plupart des pays, on considère qu’il ne convient que de définir les objectifs des enseignements, en laissant aux équipes de chaque école le soin d’interpréter les indications nationales pour le meilleur des élèves : la liberté pédagogique a, en ce cas, un vrai grain à moudre.

Déclasser

Ajoutons encore que l’enseignant français a une identité disciplinaire plus marquée que dans les pays où l’on considère que sa compétence pédagogique est importante, au point qu’on la lui inculque en même temps que la compétence disciplinaire : les professeurs français sont formatés à considérer que l’enseignement du programme, magistral s’il le faut, est plus important que les réponses à apporter aux élèves. C’est en tout cas ce que ces derniers disent.

Faut-il mentionner aussi toutes les procédures d’évaluation avec, dans le cas de la France, l’usage indécrottable de la note sur 20, créatrice par construction de « mauvais élèves » ? Faut-il rappeler que cette note prend, en outre, sa place dans des calculs stupides de moyennes générales qui ne visent, au bout du compte, qu’à classer et donc à déclasser ? Faut-il parler encore de ces études en lycée qui, bien plus qu’ailleurs, font appel à des stratégies continues d’orientation, où les élèves des familles initiées sont plus à l’aise que d’autres ?

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Une école qui, d’un PISA à l’autre, ne changera guère, sans que soit claire la question de savoir si elle ne sait pas imaginer le changement ou si elle ne le désire pas. Car il ne faut pas oublier que cette école convient parfaitement aux enfants de ceux et celles qui la font vivre ou qui se succèdent en responsabilité de ses évolutions.

(...)

Roger-François Gauthier, expert international en éducation, ancien Inspecteur Général

La tribune complète est à lire en cliquant ci-dessous

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