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Vivement l'Ecole!

« Les enseignants doivent pouvoir redevenir les chercheurs qu’ils étaient »

26 Novembre 2019 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

« Les enseignants doivent pouvoir redevenir les chercheurs qu’ils étaient »

EXTRAITS

« Les professeurs ont-ils encore du temps à consacrer à la réflexion pédagogique ? La réponse est non », regrette Samuel Lequette, professeur de français en collège et en lycée.

Tribune. Ces derniers mois, en marge des formes traditionnelles de l’action syndicale, des enseignants du primaire et du secondaire, des directeurs et des chefs d’établissement ont pris la parole dans la presse et sur les réseaux sociaux pour dénoncer, parfois avec colère, parfois avec désespoir, les conditions d’exercice de leur fonction.

Les mots employés sont forts et renvoient à une dimension psychique, voire psychologique : « solitude », « souffrance », « malaise », « trouble identitaire »… Entendre ces mots-là n’est pas tout à fait nouveau. Il existe d’ailleurs depuis une dizaine d’années une littérature sociologique abondante sur le « mal-être » enseignant en France.

Peut-on parler alors d’un mouvement de libération de la parole ? Dans les faits, il n’y a pas d’omerta absolue (les fonctionnaires de l’éducation nationale sont relativement présents dans la discussion publique), mais un devoir de réserve. Cette obligation concerne le mode d’expression des opinions et non leur contenu, la liberté d’opinion est reconnue. De même, les fonctionnaires de l’éducation nationale, comme tous les agents publics, sont soumis à une obligation de discrétion professionnelle concernant le fonctionnement de leur administration.

(...)

... les professeurs ont-ils encore du temps à consacrer à la réflexion pédagogique ? La réponse est non. Or, pour bien travailler, les enseignants doivent pouvoir s’appuyer sur des expériences, les confronter, afin d’anticiper, adapter et évaluer avec le plus de finesse possible la pertinence et l’efficacité de leur enseignement. Ils doivent pouvoir prendre du recul pour améliorer leur pratique.

La souffrance des enseignants – si tant est que l’on puisse employer le singulier quand on connaît l’extrême hétérogénéité des identités professionnelles et des profils, selon les environnements humain, matériel et politique considérés – est ainsi probablement bien plus un effet organisationnel qu’un reflet de la violence à l’école. Car si les réponses ne sont pas toujours adaptées, si les enseignants, à tort ou à raison, peuvent se sentir isolés ou incompris de leur hiérarchie, reste que les violences verbales et physiques sont assez bien identifiées et que, quantitativement, elles n’ont pas fortement évolué ces dernières années.

(...)

Besoin de formation

Le sentiment, couramment exprimé, de devoir faire face à des injonctions paradoxales, de n’avoir pas d’autre choix que celui de se soumettre ou de se démettre, d’être voué à concilier l’inconciliable, est certes l’une des caractéristiques de notre modernité, voire le signe d’une pénétration de l’idéologie managériale dans le domaine de l’enseignement et de l’éducation, mais c’est aussi le résultat flagrant d’un manque de formation, de communication et d’accompagnement, qui entretient l’impression de chaos et d’opacité.

En ce temps de passions tristes, parler, dire la réalité du terrain, pour les professeurs qui ne peuvent ou ne souhaitent pas renoncer à leur métier, c’est prendre et garder conscience des rôles particuliers qu’ils endossent, de la pénibilité que ceux-ci représentent et des risques professionnels qu’ils occasionnent.

(...)

Samuel Lequette, professeur de français en collège et en lycée

La tribune complète est à lire en cliquant ci-dessous

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