Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

Entre Emmanuel Macron et la jeunesse, un dialogue difficile...

20 Novembre 2019 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Entre Emmanuel Macron et la jeunesse, un dialogue difficile...

EXTRAITS

Alors que le chef de l’Etat doit s’exprimer devant 200 jeunes de l’université de Picardie jeudi, les risques de mobilisation étudiante, après la tentative de suicide d’Anas K., inquiètent le gouvernement.

C’est son deuxième grand rendez-vous avec la jeunesse. A Amiens, jeudi 21 novembre, Emmanuel Macron devait s’exprimer devant 200 jeunes de l’université de Picardie et tenir un discours lors de la cérémonie d’ouverture d’« Amiens for Youth », capitale européenne de la jeunesse. La première fois, c’était dans un lycée de Saône-et-Loire, en février, dans le sillage de la crise des « gilets jaunes » et du grand débat convoqué pour en sortir.

(...)

Le SNU cristallise les critiques

A les écouter, le constat, à mi-mandat, est sévère. « On a du mal à voir ce qu’est la politique jeunesse du gouvernement », tacle Orlane François, de la FAGE, première organisation étudiante. A l’UNEF, syndicat de gauche, Mélanie Luce, sa présidente, épingle même le « profond mépris du gouvernement envers la jeunesse ». « On n’attend plus rien, on n’est jamais écouté », affirme Héloïse Moreau, de l’Union nationale des lycéens (UNL), qui reprend un reproche largement partagé : celui de l’insuffisance des moyens dévolus à l’université et à l’école.

Un sigle, le SNU – pour service national universel –, cristallise les critiques. Dans les rangs syndicaux, on n’a pas de mots assez durs contre ce dispositif en cours de déploiement, promesse de campagne du candidat Macron qui apparaît à beaucoup comme « l’alpha et l’oméga » de sa politique jeunesse. Pas de mots assez durs non plus contre le plan « Bienvenue en France », qui a prévu, il y a un an, d’augmenter les droits d’inscription des étudiants étrangers. D’autres réformes ont connu un baptême du feu difficile : celle de Parcoursup en 2018, qui a bouleversé les règles à l’entrée des facs ; celles du lycée et du bac en cette rentrée. Sans compter les grèves pour le climat qui ont vu une partie de la jeunesse se mobiliser au printemps.

« Le SNU, on s’y oppose tous depuis le début et rien ne bouge, s’indigne Orlane François. En plus, il va coûter au moins un milliard d’euros [1,6 milliard d’euros par an, selon les dernières estimations]. » La mise en place du dispositif, avec une période d’engagement obligatoire d’un mois (dont la moitié en internat) pour les 800 000 adolescents de 16 ans, a été renvoyée à l’horizon 2026. Mais une expérimentation a démarré, avec 3 000 volontaires en juin. « Le SNU, c’est l’opportunité de donner du sens, des repères, autour des valeurs et symboles de la République. C’est une manière d’incarner auprès des jeunes que la société a besoin d’eux, et donc de révéler chez eux un sentiment d’utilité », croit au contraire Gabriel Attal, le secrétaire d’Etat à la jeunesse qui martèle régulièrement que les jeunes y sont favorables.

(...)

Pour cette seconde partie du quinquennat, l’« agenda jeunesse » n’est pas plus clair, y compris pour ceux qui le suivent de près. Il y a « urgence », fait observer Antoine Dulin, du Conseil économique, social et environnemental, qui espère un engagement plus ferme sur le revenu universel d’activité (RUA), pour les 18-25 ans, toujours en cours de définition. « On banalise la précarité des jeunes, on fait valoir que c’était déjà le cas il y a dix ou vingt ans, mais est-ce normal d’avoir à installer des épiceries sociales dans les facs ?, interroge-t-il. On a aujourd’hui un “resto du cœur” sur chaque campus, je ne crois pas que le gouvernement ait pris la mesure de la situation. »

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :