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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Mario Vargas Llosa...

23 Novembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

"Il est resté comme ça, un long moment, à me réchauffer les pieds. Et si vous voulez le savoir, je n'ai pas éprouvé, une seule seconde, le moindre trouble.

- Quelle peur tu devais avoir, cousine !" dit Lucindita en l'encourageant à poursuivre.

- "A ce moment pas encore. Ensuite, énormément."

Laborieusement, Son Excellence se releva et se rassit au bord du lit. Il lui retira sa robe, le soutien-gorge rose qui enserrait ses seins à demi-formés, et son slip triangulaire. Elle se laissait faire, sans opposer de résistance, le corps mort. Alors que Trujillo faisait glisser son slip rose entre ses jambes, elle remarqua que les doigts de Son Excellence se hâtaient : moites, ils embrasaient la peau qu'ils touchaient. Il la fit s'étendre, puis se redressa, ôta son peignoir et se coucha à ses côtés, tout nu. Avec soin, il enroula ses doigts dans le rare duvet pubien de la fillette.

- "Il était toujours très excité, je crois. Quand il s'est mis à me toucher et à me caresser. Et à m'embrasser, en m'obligeant toujours, avec sa langue, à écarter mes lèvres. Sur les seins, dans le cou, dans le dos, sur les jambes."

Elle ne résistait pas ; elle se laissait toucher, caresser, embrasser, et son corps obéissait aux mouvements des mains de Son Excellence et aux positions qu'il lui faisait prendre. Mais elle ne répondait pas à ses caresses et, quand elle ne fermait pas les yeux, elle fixait les lentes pales du ventilateur. C'est alors qu'elle l'avait entendu se dire à lui-même : "Ca excite toujours les hommes de déchirer le petit con d'une vierge."

"Le premier mot grossier, la première vulgarité de la soirée," précisa Urania. "Ensuite, il en dirait de pires. Je me suis rendu compte à ce moment-là que quelque chose n'allait pas. Il devenait furieux. Parce que j'étais inerte, morte, parce que je ne l'embrassais pas ?"

Ce n'était pas cela, elle le comprenait maintenant. Qu'elle participât ou non à sa propre défloration n'importait pas tellement à Son Excellence. Pour se sentir comblé, il lui suffisait de sentir qu'elle ait son petit con intact et que lui puisse le lui déchirer, en la faisant gémir - crier, hurler - de douleur, en y introduisant sa grosse verge tuméfiée et heureuse, en la sentant bien serrée entre les chairs de cette intimité fraîchement forcée. Ce n'était pas de l'amour, ni même du plaisir qu'il attendait d'Urania. Il avait accepté que la fillette du sénateur Agustín Cabral vienne à la Maison d'Acajou seulement pour se prouver que Rafael Leónidas Trujilla Molina était encore, malgré ses soixante-dix ans, ses ennuis prostatiques et les maux de tête que lui donnaient les curés, les Yankees, les Vénézuéliens et les conspirateurs, un mâle accompli, un bouc avec un chibre encore capable de durcir et de fendre les petites figues vierges qu'on lui présentait.

Mario Vargas Llosa - La fête au bouc

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