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Vivement l'Ecole!

A l’école du « grand écart » : le niveau des élèves français est-il si mauvais ?...

30 Novembre 2019 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

A l’école du « grand écart » : le niveau des élèves français est-il si mauvais ?...

EXTRAITS

En attendant les résultats de l’enquête PISA, le 3 décembre, « Le Monde » s’est penché sur la galaxie d’évaluations qui rythment la scolarité. Elles dessinent un niveau général moyen, mais aussi un très grand écart entre les meilleurs et les moins bons.

Qu’en est-il réellement du niveau des élèves français ? Difficile d’en débattre sans céder à une forme de « déclinisme » qui affecte notre regard sur l’école, comme sur un peu toutes les institutions. Lors des repas de famille comme à la « une » des journaux, c’est la « dégringolade » qu’on déplore, l’« effondrement » qu’on épingle.

Les médias ont leur part de responsabilité : du flot de données chiffrées qui, depuis trois décennies, déferlent sur l’école, ils retiennent celles qui questionnent le système. Plus que celles qui révèlent l’envol du nombre de bacheliers au sein d’une génération. Ou la baisse, saluée au niveau européen, de la part des jeunes sans diplôme ni qualification.

« Les élèves de CM2 savent de moins en moins compter », écrivions-nous dans Le Monde au printemps 2019. « Le niveau en orthographe des écoliers plonge », en 2016. Ou encore, la même année : « L’inquiétant niveau des élèves en maths et en sciences ». Cette tendance, qui remonte à très loin, rebondit à chaque nouvelle mouture du Programme international pour le suivi des acquis des élèves à 15 ans. Plus connue sous l’acronyme de PISA, cette enquête triennale orchestrée dans 70 pays par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) est devenue une sorte de norme mondiale de l’évaluation scolaire.

Les dernières éditions ont mis l’accent sur le poids croissant des inégalités sociales et scolaires, et sur l’absence en France de « choc PISA » – quand l’Allemagne ou le Portugal ont su, au fil du temps, résorber une partie de leurs difficultés. On saura le 3 décembre, avec la publication de « PISA 2018 », si un mieux s’observe. Ou pas.

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« Champions des inégalités »

De la comparaison des données, un constat s’impose : « Les résultats moyens ne disent pas grand-chose… sinon que l’école française situe ses élèves plutôt dans la moyenne », résume Pierre Merle. Idem de sa position dans les classements : les derniers scores français à PISA sont stables et proches de la moyenne de l’OCDE ou de l’Union européenne dans les trois champs évalués (compréhension de l’écrit, culture scientifique et culture mathématique).

Les 496 points décrochés par les jeunes Français en compréhension de l’écrit à « PISA 2009 » renvoient en réalité, en raison d’« erreurs d’échantillonnage », explique-t-on à la DEPP, à des résultats compris entre 498 et 503 points. Autant dire que cinq places de gagnées – ou de perdues – ne disent pas grand-chose.

C’est l’« écart » de réussite entre élèves – et même le « grand écart », soulignent tous les chercheurs – qui doit retenir notre attention : si l’école française sait propulser vers les scores les plus élevés quelque 10 % de très bons élèves (qui sont aussi, la plupart du temps, les plus privilégiés socialement), elle bute sur un « noyau dur » de 20 % de jeunes en grande difficulté.

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Des « totems »

Côté parents, l’angoisse plafonne. « Autrefois, c’était la dissertation ou le niveau des études classiques dans le secondaire qui cristallisaient l’inquiétude des familles, souligne l’historien Claude Lelièvre. Aujourd’hui, l’orthographe, le calcul, l’histoire sont devenus des totems sur lesquels se reporte la peur de l’avenir. » Cette focalisation sur les « fondamentaux » occulte en partie les autres domaines évalués. Et c’est dommage, soufflent les enseignants : en histoire et en géographie, en anglais ou en informatique, des progrès sont perceptibles.

Rue de Grenelle, les projecteurs sont braqués sur les premières années de la scolarité. Dernières-nées des évaluations, celles pratiquées dans les classes de CP et de CE1 depuis deux ans ont fait apparaître, selon Jean-Michel Blanquer, des « progrès significatifs » en français et en mathématiques. C’est en tout cas ce qu’a tenu à souligner le ministre de l’éducation, début novembre, ajoutant que l’amélioration est « plus forte » pour les écoliers des « territoires les plus défavorisés » – ceux qui bénéficient des classes dédoublées en CP.

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Mattea Battaglia

L'article complet est à lire en cliquant ci-dessous

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