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Vivement l'Ecole!

"Nos belles valeurs et les mots du gentil Monsieur Blanquer mettent les musulmans sous clé"...

16 Octobre 2019 , Rédigé par Slate Publié dans #Education, #Laïcité

"Nos belles valeurs et les mots du gentil Monsieur Blanquer mettent les musulmans sous clé"...

 

EXTRAIT

(…)

«Nous sommes les gentils et, gentils, nous brimons sans souci.»

Imagine-t-on qu'en France, un jour, les musulmans sortiront de leur prison de verbe, que l'on cessera de les considérer en traîtres, en cinquième colonne, en anti-France, en grenades dégoupillées, en destructeurs de nos douceurs, de nos libertés, de nos modes de vie?

Aurons-nous vaincu l'ennemi terrroriste ou dépassé nos peurs, pour oser ouvrir nos camps de mots? Que donnera-t-on alors aux musulmans de France, que diront les livres d'histoire de ce moment que nous vivons, que domine la bêtise, la violence, la méchanceté des bons?

Car nous sommes les bons, les gentils de l'histoire, en doutons-nous, libres et libertins, de belles femmes égales, et pourtant attaqués. Nous sommes les gentils comme l'Amérique était juste et, gentils, nous brimons sans souci.

C'est arrivé à nouveau, ce mois d'octobre, dans l'un de ces psychodrames dont nous avons le secret. Une femme musulmane ayant été humiliée devant son fils en larmes, en raison du voile qui recouvrait sa tête, nous avons réussi, en trois jours, à inverser l'histoire. Nous avons, un ministre, deux ministres, les télés, les crétins, les braves gens, repris le grand procès du voile, qu'il faudrait abolir, bannir que sais-je; nous avons repris la grande dispute sur l'islam, et loin d'avoir pitié de la femme, on la désigne, elle et ses pareils, comme notre vraie menace.

Le déroulé est fascinant. Vendredi 11 octobre, au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, un élu du Rassemblement national nommé Julien Odoul repère une dame vêtue de noir et portant un foulard musulman, qui accompagne son fils et d'autres écoliers de Belfort lors d'un voyage scolaire sur notre République.

(…)

Le jour où mouraient les amis de Riss mourait également le policier Merabet, dont la maman et la tante, je crois, prirent publiquement le deuil. Elles étaient voilées. J'aimerais que Riss, parce qu'il est Riss, au nom des siens, regarde aussi ce voile et puisse mettre un moment sa vengeance au repos. Pourrait-il dessiner pour un enfant qui pleure? Il ne lui doit rien, mais c'est par son deuil que d'autres s'autorisent, de bonne foi, à moquer sa maman, au nom du bien, de nous, de nos nobles larmes: les larmes des bons qui construisent, dans nos cœurs, dans nos têtes, des camps, des barbelés de mots, pour des petits garçons.

Claude Askolovitch

Billet à lire dans son intégralité en cliquant ci-dessous

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