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Vivement l'Ecole!

La philo en maternelle, une arme de la construction de la pensée...

18 Septembre 2019 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education, #Philosophie

EXTRAIT

« Enseigner la philosophie en maternelle est possible, c’est une discipline comme les autres, au même titre que les arts, les mathématiques ou encore le langage », explique Edwige Chirouter, maîtresse de conférence à l’université de Nantes et titulaire de la Chaire UNESCO sur la philosophie avec les enfants. Bien souvent, on argumente que c’est trop dur et qu’il faut commencer le plus tard possible. Pour la chercheuse, au contraire. C’est parce que c’est difficile qu’il faut commencer tôt. Bien loin de la vision actuelle de la rue de Grenelle, qui promeut un élève discipliné qui ne remet pas en doute la parole de l’adulte, Edwige Chirouter prône la construction citoyenne dès le plus jeune âge. Possible ou trop ambitieux ?  Johann Biget, directeur de l’école maternelle George Sand à Creil (60), mais aussi maître-formateur option « Enseignement en maternelle », croit lui aussi à l’enseignement de la philosophie et ce dès le plus jeune âge. Dans son école de trois classes, tous les moyens et les grands se retrouvent deux après-midis par semaine pour philosopher.

« Enseigner la philosophie est un enjeu de démocratisation »

« La philosophie est une discipline qui demande une pratique exigeante, et c’est bien parce que c’est difficile qu’il faut l’enseigner tôt, dès la maternelle ». Pour Edwige Chirouter, c’est un enjeu de démocratisation. « Il faut donner la possibilité à tous les élèves d’avoir accès à cette exigence intellectuelle. Il ne s’agit pas de lutter contre l’enseignement de la philosophie en terminale mais de proposer une pratique active et vivante afin de préparer les élèves à cet enseignement ». Ainsi, l’école, qui se doit de préparer le citoyen de demain, se doit d’apprendre aux élèves à penser, à douter, à réfléchir, à s’écouter mais aussi à aiguiser l’esprit critique. « Bien souvent, les familles n’explicitent pas les raisons de tel ou tel interdit. Par exemple, à Sarcelles où j’anime des ateliers en grande section, ce matin nous débâtions autour de pourquoi ne peut-on pas faire tout ce que l’on veut ? Les enfants ne savent pas pourquoi telle chose est interdite, quel est le sens des … C’est donc très important que l’école puisse être un lieu où les élèves apprennent à réfléchir de façon complexe afin de ne pas être dans une sorte d’obéissance un peu aveugle à la parole de l’adulte. Je donne l’exemple de Sarcelles, mais j’ai aussi animé des ateliers dans des milieux privilégiés où la parole des adultes n’était pas plus débattue par les enfants. On obéit car on doit obéir ». Loin d’être un apprentissage facile, la philosophie bouscule intellectuellement et affectivement. Demander à un élève de réfléchir à des choses auxquelles il ne pense pas d’habitude, comme pourquoi doit-on obéir à l’adulte, c’est l’obliger à sortir de sa zone de confort, l’obliger à penser par lui-même. « On voit chez certains enfants une sorte de flottement lorsqu’on les interroge ».

(…)

Lilian Ben Amouda

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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