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Vivement l'Ecole!

Le chat... A lire en écoutant la Chaconne de Bach et Busoni par Hélène Grimaud au piano...

22 Juin 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Divers

Le chat…

Sous les tonnelles de bougainvilliers en fleurs, je regardais mon chat étendu à l’ombre. Il dormait comme dorment les félins, à l’affût du moindre bruit, de l’intrus possible, du parfum de la cuisine, oreilles et narines aux aguets. J’avais quatorze ans. Il en avait six. Peut-être était-ce sa quatrième ou cinquième vie. Je restais là des heures à observer cet animal immobile ou presque. Seule l’extrémité de sa queue, par d’imperceptibles ou plus amples mouvements, m’indiquait qu’il était en vie.

J’ai toujours été un enfant contemplatif. Mon chat, un insecte dans la poussière, une goutte d’eau glissant doucement sur le carreau de ma chambre me retenant enfermé par temps de pluie, le mouvement des feuilles d’eucalyptus bruissant sous le vent… Tout m'était spectacle. Plus tard, adolescent puis devenu homme, je passerai de longs moments, ou d’autres plus brefs mais les faisant durer par le souvenir, à regarder une femme passant devant moi, sculptée par la robe qu’un pas pressé animait sensuellement en courbes suspendues aux balancements discrets de ses hanches. Jamais je n’oserai lui adresser la parole. Rompre le silence, c’eût été rompre le charme du conte que j « écrivais » en la suivant, immobile, jusqu’à la voir disparaître, là-bas, au bout de la rue. Il en viendrait une autre, plus tard...

De retour de Paris pour retrouver Dieppe, je me suis souvenu d’un sourire croisé un jour, ou peut-être était-ce un soir, dans une salle à manger superbe au milieu de laquelle trônait une table immense. Nous étions une dizaine. Je mangeais, buvais, mais n’ai rien conservé en mémoire des mets ni des vins offerts en cette occasion. Je n’ai gardé précieusement au creux de ma mémoire que le sourire et l’attention bienveillante portée par notre hôtesse à chacune et chacun. Un merveilleux moment.

J’étais redevenu l’enfant observant son chat, admirant sa patience naturelle, subjugué par la grâce de ses mouvements, jaloux de son intelligence.

Aujourd’hui encore, cinquante ans après les moments passés sous les bougainvilliers, j’ai un chat. Peut-être est-ce celui que j’observais enfant...

Les chats, comme l’amour, ne meurent que pour renaître…

Christophe Chartreux
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« En toi je vis, où que tu sois absente
 En moi je meurs, où que je sois présent. »

Maurice Scève

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