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Vivement l'Ecole!

Bonheur, protection, écologie: à quoi rêvent les jeunes?...

16 Juin 2019 , Rédigé par Slate Publié dans #Jeunesse

Bonheur, protection, écologie: à quoi rêvent les jeunes?...

EXTRAIT

Leurs objectifs ne sont pas si différents des autres générations.

L’édition 2018 de l’enquête sur les valeurs (la cinquième édition depuis 1981) permet d’analyser les orientations fondamentales des Français·es. Un livre récent a rendu compte des principaux résultats. Je voudrais dans cette chronique faire un focus sur les valeurs des jeunes puisqu’on s’accorde à reconnaître depuis Ronald Inglehart que les valeurs évoluent avec le renouvellement des générations.

L’illusion des ruptures générationnelles

Avant de présenter quelques résultats saillants, il faut mettre à bas une idée reçue tenace que permettent de démentir précisément les différentes éditions des enquêtes sur les valeurs. Cette idée est une extrapolation excessive de la thèse sur le renouvellement des générations. L'évolution des valeurs se fait bien par le renouvellement des générations... Mais c'est une évolution, pas une révolution, comme ont trop souvent tendance à le dire les médias et les hommes de marketing. L’idée que chaque génération nouvelle (X, Y, Z…) serait porteuse d’une identité particulière radicalement différente de celles de leurs devancières a sans doute une part de vérité en ce qui concerne les modes culturelles.

Mais elle est démentie en ce qui concerne les valeurs qui sont des orientations beaucoup plus stables. Les enquêtes sur les valeurs montrent bien des évolutions générationnelles, mais celles-ci sont graduelles, ce sont des tendances qui se prolongent ou s’accentuent, rarement des décrochages brutaux. Les historiens l’ont bien montré, les clivages générationnels profonds se manifestent à l’occasion «d’événements fondateurs» qui sont liés généralement à des guerres ou à des révolutions, en tout cas à des bouleversements historiques profonds de la société, qui créent un sentiment de table rase chez les jeunes générations. Par définition ces événements sont rares.

Une seconde illusion est liée à la première, celle selon laquelle, sur le plan des valeurs, les jeunes seraient radicalement différents des adultes. On verra bien sûr dans la suite de cette chronique qu’ils et elles le sont sur certains points, mais les données des enquêtes valeurs démentent l’idée qu’ils et elles le seraient de façon radicale. D’ailleurs, lorsqu’on étudie ces données au niveau européen, on est frappé de constater que, le plus souvent, les jeunes d’un pays donné ont en moyenne des valeurs plus proches de celles des adultes de même nationalité, que des jeunes des autres pays européens. La proximité nationale l’emporte sur la proximité générationnelle.

L’enquête sur les valeurs est très riche et je ne pourrai pas rendre compte de l’ensemble des résultats qu’elle contient. Essayons simplement de mettre en exergue quelques traits saillants.

(...)

Des valeurs écologiques fortes

Les valeurs écologiques pourraient-elles constituer un corps de valeurs mobilisateur pour relancer la participation des jeunes à la société? Indéniablement, les jeunes adhèrent à ces valeurs. Leur confiance dans les organisations environnementales est élevée (70%) et ils semblent prêts à agir pour la protection de l’environnement. 59% se disent prêts par exemple «à donner de l’argent pour éviter la pollution» et le même pourcentage est d’accord avec la proposition «On devrait donner la priorité à la protection de l’environnement, même si cela ralentit la croissance économique et si certains perdent leur emploi.» Notons cependant que sur ces différentes questions, les jeunes ne sont pas plus écologistes que les adultes. L’ensemble des Français·e·s veut défendre l’environnement et est inquiet à ce sujet.

À l’issue des élections européennes, les commentateurs ont remarqué que la liste EELV avait plus attiré les jeunes: 23% des 18-24 ans auraient voté pour cette liste, 13% des 25-40 ans et seulement 9% des 65 ans et plus (sondage Ifop Fiducial du 27 mai 2019). Mais attention à ne pas surinterpréter ces chiffres: ce résultat porte sur la sociologie des votants, or les jeunes se déplacent peu pour les élections intermédiaires. Selon la même enquête de l’IFOP, l’abstention chez les jeunes de moins de 25 ans à cette élection a été de 73%!

Rapporté à l’ensemble des jeunes, en tenant compte de ce taux d’abstention, l’engouement pour la liste verte est beaucoup moins impressionnant: ce serait seulement 6% des 18-24 ans qui lui auraient donné leur suffrage, pas plus finalement que les 65 ans et plus dont le taux de participation est très élevé (67%). Pour résumer, les jeunes politiquement mobilisés sont indéniablement attirés par le vote écologiste, mais les jeunes politiquement mobilisés sont bien peu nombreux. Il reste donc beaucoup de chemin pour que les jeunes deviennent des participants actifs à la cause écologiste… ou à d’autres causes.

(...)

Olivier Galland

Le billet complet est à lire en cliquant ci-dessous

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