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Vivement l'Ecole!

"Ecole-collège"... La France comme la Finlande? Absolument pas!

30 Avril 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

"Ecole-collège"... La France comme la Finlande? Absolument pas!

Lire ici et là que la France suit l'exemple de la Finlande en matière d'éducation, ceci en s'appuyant sur le TRES controversé projet de réforme voulu par le Ministre de l'Education Nationale, a le don de m'exaspérer.

Car la comparaison est intenable.

Si l’« intérêt de l’école du socle » - scolarisation de 6 ans à 16 ans adoptée par la Finlande entre autres – « tient à la mutualisation des personnels et des moyens », il s'agit pour ce pays du nord de l'Europe d'un ensemble bien plus conséquent que la réforme en cours.

La France va se contenter d' ajouter un ersatz de changement, un de plus, sur un mille-feuilles devenu indigeste. Voire incompréhensible. Tellement, que le projet fait naître davantage de questions qu'il n'apporte de réponses.

Il organise différemment mais la structure de la "machine école" reste identique à celle des années passées. En clair, la Rue de Grenelle construit une petite marche quand il conviendrait de construire un escalier monumental et toute la maison autour!

Voir ci-dessous

L'école finlandaise n'a strictement rien à voir avec cette Ecole qui se construit sans concertation. Très verticalement.

La preuve...                                                                                         

"L’école finlandaise, un modèle d'éducation dont pourrait s'inspirer la France

Entre tableau noir et écran numérique, Maria Hukkanen n'a pas choisi. Elle utilise les deux. " Je passe de l'un à l'autre, c'est un atout pour capter l'attention des élèves ", glisse cette professeure à la blondeur toute nordique, qui enseigne à l'école de Siltamäki, quartier résidentiel de la périphérie d'Helsinki. Dans sa classe, il y a aussi un piano, une guitare, des piles de déguisements et… un profond canapé. " Chez leurs parents, les enfants font souvent leurs devoirs dans le salon, ce canapé leur permet de retrouver les conditions auxquelles ils sont habitués pour se concentrer ", explique l'enseignante.

Ici, tout est fait pour rendre l'apprentissage le plus ludique possible. Jeux de piste pour découvrir les cinq continents, initiation à la physique grâce à de petits robots… " J'attends des enseignants qu'ils sachent motiver leurs élèves et les tirer vers le haut. Qu'ils soient des leaders pédagogiques ", déclare très solennellement Anna-Mari Jaatinen, la directrice de l'école. Un mot d'ordre valable sur tout le territoire. En Finlande, les notes sont quasi inexistantes en primaire et ne descendent jamais en dessous de 4 sur 10 au collège. Les emplois du temps sont près d'un quart moins chargés qu'en France et les redoublements rarissimes. Dès qu'un élève décroche, il est pris en charge par un enseignant spécialisé, doté d'une formation en pédagogie de deux ans plus longue que celle de ses collègues. Et si besoin, il passe des tests d'orthophonie, de dyslexie…

Profondes réformes

Et ça marche ! Le 6 décembre, la Finlande est à nouveau sortie dans le peloton de tête du classement Pisa, loin devant la France, élève plus que moyen (voir graphique). Le tout avec une dépense de 5,7 % de sa richesse nationale, à peine plus élevée que la nôtre (5,3 %). Même si elle reste de 20 % supérieure dans le primaire. Une fierté nationale pour ce pays de 5,5 millions d'habitants. " Chaque Finlandais a conscience que l'éducation est un élément-clé de notre indépendance, souligne Anita Lehikoinen, secrétaire d'Etat au ministère de l'Education. L'école n'est pas un sujet de clivage chez nous, mais de rassemblement. " Un consensus qui n'empêche pas de profondes réformes : accent sur l'enseignement professionnel au début des années 2000, promotion d'enseignants chargés de plusieurs disciplines, récemment.

« La principale leçon du modèle finlandais pour la France, c’est sa formidable capacité à se remettre en cause sans se perdre dans des querelles politiciennes », relève Eric Charbonnier, spécialiste de l’éducation à l’OCDE. Au moindre signe de faiblesse, le gouvernement finance des équipes de chercheurs pour en comprendre les causes, comme il l’a fait début 2016 pour analyser l’échec scolaire des enfants d’immigrés.

Chefs d'établissement autonomes

Certes la Finlande dispose de gros atouts - langue phonétique très facile à assimiler pour les enfants, population homogène -, mais surtout il repose sur un management original : les chefs d’établissement sont autonomes. « Ce sont les proviseurs qui recrutent les professeurs et ça change tout ! assure Marie- Aude Boucher, principale adjointe du lycée franco-finnois d’Helsinki et ancienne professeure en Seine- Saint-Denis. Toute l’équipe est associée et mobilisée derrière le projet d’établissement. »

Conséquence : très valorisé socialement et payé entre 10 et 20 % de plus qu’en France, le job d’enseignant attire la crème des étudiants. Une fois en poste, ils jouissent d’une grande liberté pour adapter les enseignements et travaillent en équipe. Ils passent en moyenne deux à trois heures par semaine en réunion pour discuter des cours, des élèves en difficulté, des temps forts de l’école… Des pratiques encore trop rares sous nos latitudes."

Laurent Fargues

Et je vous fais grâce des différences de salaires...

La "réforme Blanquer" n'a donc, on le voit, aucun rapport avec ce qui se fait en Finlande.

Comparons, soit. Mais à condition de ne pas sombrer dans l'approximation.

Christophe Chartreux

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