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Vivement l'Ecole!

François Dubet : « Les inégalités sont perçues comme une agression, une forme de mépris »

12 Mars 2019 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Sociologie

François Dubet : « Les inégalités sont perçues comme une agression, une forme de mépris »

EXTRAITS

Le sociologue, qui vient de publier « Le Temps des passions tristes », estime, dans un entretien au « Monde », que les colères individuelles qui ne trouvent pas d’expression politique nourrissent les mouvements populistes.

Entretien. Le sociologue François Dubet, professeur émérite à l’université Bordeaux-II et directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), vient de publier Le Temps des passions tristes. Inégalités et populisme (Seuil, 112 p., 11,80 €).

Reprenant l’expression de Spinoza, vous estimez que la société est dominée par les « passions tristes ». Quelles sont-elles et comment se sont-elles imposées ?

Comme beaucoup, je suis sensible à un air du temps porté sur la dénonciation, la haine, le ressentiment, le sentiment d’être méprisé et la capacité de mépriser à son tour. Ce ne sont pas là seulement des émotions personnelles : il s’agit aussi d’un style politique qui semble se répandre un peu partout. On peut sans doute expliquer ce climat dangereux de plusieurs manières, mais il me semble que la question des inégalités y joue un rôle essentiel.

(...)

Internet favorise, dites-vous, ces passions tristes. De quelle manière ?

Parce qu’Internet élargit l’accès à la parole publique, il constitue un progrès démocratique. Mais Internet transforme chacun d’entre nous en un mouvement social, qui est capable de témoigner pour lui-même de ses souffrances et de ses colères. Alors que les syndicats et les mouvements sociaux « refroidissaient » les colères pour les transformer en actions collectives organisées, Internet abolit ces médiations. Les émotions et les opinions deviennent directement publiques : les colères, les solidarités, les haines et les paranoïas se déploient de la même manière. Les indignations peuvent donc rester des indignations et ne jamais se transformer en revendications et en programmes politiques.

(...)

Propos recueillis par Gérard Courtois

L'entretien complet est à lire en cliquant ci-dessous

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