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Vivement l'Ecole!

Blanquer, le bon élève du gouvernement de moins en moins populaire auprès des profs...

19 Mars 2019 , Rédigé par Slate Publié dans #Education

Blanquer, le bon élève du gouvernement de moins en moins populaire auprès des profs...

EXTRAIT

«On rencontre les équipes du ministère mais on n’est pas du tout écoutés.»

«Si je devais résumer mon ressenti de prof, je dirais qu’on a le sentiment d’être complètement méprisés», me dit Raphaël, professeur de mathématiques en Seine-Saint-Denis chez qui je sens pointer une forme de fatigue à force de mobilisation. Il participe à la grève de la fonction publique, ce mardi 19 mars. Et il n'est pas le seul: les journalistes qui suivent l’éducation ressentent un décalage de plus en plus grand entre le terrain et l'image plutôt rassurante du ministre étayée par des sondages positifs et son traitement médiatique amène, comme ce jour au JT de TF1 où Jean-Pierre Pernaut demande à Jean-Michel Blanquer s’il est content… on a vu des interviews de ministres plus incisives.

Le corps enseignant se sent malmené

Voilà comment un de mes collègues de la presse écrite (il ne souhaite pas être cité nommément) voit les choses: «Il me semble qu'il a une image beaucoup plus lisse chez les journalistes politiques que chez les rubricards [les journalistes affectés à une rubrique en particulier, ndlr]. Pour les services politiques c'est le techno pragmatique associé à l'incarnation du bon directeur d'école, sévère mais juste. Ça colle bien avec une opinion publique finalement assez conservatrice. Pour nous, au contraire, c'est un bonhomme très politique avec une vision tout à fait honorable mais très marquée idéologiquement de “l'éduc nat”. En fait, on ne met pas la même chose sous le terme politique: Blanquer n'est pas bon en politicaillerie que ce soit avec les syndicats ou les parlementaires mais il mène bien une politique de réforme en profondeur de l'institution. Mais c'est visible pour les spécialistes. Et les enseignants, bizarrement, n'y prêtent pas vraiment attention. Même si ça commence tout juste à bouger.»

Si ça «bouge», c'est parce que des professeures et des enseignants se sentent sincèrement malmenés et «sonnés par une avalanche de modifications radicales subies de la part d’un ministre qui met en avant la notion de confiance. Et dans le même temps, sa loi pour une “école de la confiance” commence par un article pour nous faire taire», explique Raphaël en faisant référence au premier article de la future loi qui insiste sur le «devoir de réserve des fonctionnaires de l’Éducation nationale».

Un article dangereux, estime la Fédération syndicale unitaire (FSU), car il «vise à inscrire dans la loi une obligation de réserve qui n’y figure pas. Il permettrait de donner un fondement légal à des mesures disciplinaires condamnant des personnels jugés coupables de “faits portant atteinte à la réputation du service public”, expression suffisamment floue pour y inclure toute critique des politiques scolaires».

L’inquiétude formulée par ce syndicat et d’autres serait que la hiérarchie de l’Éducation nationale tente de «museler les personnels et de faire taire leurs critiques et leur opposition aux réformes».

(...)

Louise Tourret

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

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