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Vivement l'Ecole!

« Les CP et CE1 dédoublés ont encore davantage figé la géographie de l’éducation prioritaire. »

14 Janvier 2019 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education

« Les CP et CE1 dédoublés ont encore davantage figé la géographie de l’éducation prioritaire. »

EXTRAITS

Le réseau français des villes éducatrices (RFVE) a été reçu mi décembre 2018 par Ariane Azéma, inspectrice générale de l’administration de l’Éducation nationale et de la Recherche, et Pierre Mathiot, universitaire et ancien chargé de mission sur la réforme du baccalauréat et du lycée. (...)

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Les territoires sont les grands oubliés depuis le début du quinquennat, les élus ont été méprisés, mis de côté, ils ont l’impression d’arriver à la fin de toutes les politiques menées, une fois qu’elles se mettent en place. Le fait qu’on s’intéresse aux territoires et qu’on essaye de travailler avec les associations d’élus est donc forcément intéressant.

Le ministre a dit qu’il ne voulait pas opposer rural et urbain, mais il ne faudrait pas en venir à la fin à considérer que les problèmes se posent seulement dans le rural. Nous avons perçu dans la mission une vision très tournée vers le rural en difficulté, et c’est vrai qu’il y en a, mais il y a aussi beaucoup de territoires ruraux riches et pas toujours une répartition équitable des moyens. Il y a des moyens à récupérer en termes de taux d’encadrement, dans zones rurales les plus aisées (où l’on peut trouver des effectifs à vingt élèves de maternelle par classe là où il y en a trente en ville).

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Le plan mercredi est inopérant parce qu’il n’y a presque plus d’enfants dans le périscolaire dans les villes relevant de la politique de la Ville qui sont revenues à quatre jours de classe par semaine. La fréquentation des temps périscolaires a baissé le soir et la fréquentation du mercredi matin n’a pas rattrapé cette baisse. On a constaté dans un certain nombre de villes une baisse très forte de fréquentation les mercredis après-midi. Faute de moyens, les parents s’arrangent pour garder les enfants toute la journée à la maison.

Nous demandons que le plan mercredi soit modulé selon la typologie de la ville, il n’est pas normal qu’on mette un euro par élève à Neuilly, et autant à Saint-Denis où il y a plus de besoins.

Et puis, il faut intégrer le privé à l’obligation de mixité sociale. On va à l’échec total de toute la politique de mixité et d’éducation prioritaire si on vide les établissements publics de leur mixité en finançant le privé, et comme on ne leur demande pas de mixité sociale, on doit compenser et financer le manque de mixité induite dans le public. Nous demandons également que soit possible une modulation des forfaits aux écoles privées versées par les collectivités en fonction des réalités des écoles (selon qu’on y trouve de la mixité, des classes comme les unités pédagogiques pour élèves allophones arrivants, UPE2A).

Enfin, nous voudrions que soient étendus à l’ensemble des écoles en éducation prioritaire les moyens de formation supplémentaire et la souplesse qui aujourd’hui sont accordées seulement dans les REP + (réseaux d’éducation prioritaires renforcés).

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Jean-Michel Blanquer dit depuis le début du quinquennat qu’il veut le grand soir de l’éducation prioritaire, mais tout est désormais figé par les CP et CE1 dédoublés. Nous voulons des États généraux pour réfléchir avec tous les acteurs sur ce que l’on voudrait comme nouveau système. On ne peut plus penser l’éducation prioritaire uniquement à l’échelle de l’État, ce n’est pas logique du tout. Les moyens des collectivités et des écoles doivent être proportionnés.

Jusqu’à il y a quelques années on était sur des différentiels de qualité du bâti, mais là, on rajoute les inégalités numériques (entre les villes où toutes les écoles sont équipées de tablettes, de tableaux interactifs, et les villes pas entièrement équipées de vidéoprojecteurs interactifs). Si ce matériel est indispensable aujourd’hui comme l’était tableau noir ou vert « dans le temps », il faut faire en sorte que toutes les écoles en soient équipées.

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Propos recueillis par Cécile Blanchard

A lire dans son intégralité en cliquant ci-dessous

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