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Vivement l'Ecole!

« Le premier degré n’est pas piloté » (1)

15 Décembre 2018 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

« Le premier degré n’est pas piloté » (1)

EXTRAITS

Tout annonce que les recteurs et les IA DASEN vont être réunis pour leur dire que le premier degré n’est pas piloté. Ce billet et les suivants vont chercher à comprendre ce que signifie cette obsession d’un pouvoir qui de longue date souhaite avoir davantage l’école à sa main et de quel pilotage ils parlent.

L’école française pourrait obtenir de meilleurs résultats mais à quelles conditions ?

On a beaucoup entendu dire que l’école française obtient de mauvais résultats dans les classements internationaux. Il est en particulier apparu qu’elle est profondément inégalitaire puisque les enfants de milieux populaires ont significativement de plus mauvais résultats que s’ils vivaient dans la plupart des autres systèmes éducatifs des pays développés. Les écarts sont plus importants en France entre les plus favorisés et les plus défavorisés. Cette situation est particulièrement préoccupante en ce qui concerne les mathématiques. Ce fut la raison de la refondation de l’école de la République. Il s’agissait de se donner progressivement les moyens d’obtenir de meilleurs résultats. Pour cela le gouvernement précédent a recréé 60000 postes dans le premier degré dont une part non négligeable (27000) a servi a reconstituer une formation initiale des enseignants que le quinquennat Sarkozy avait fait disparaître au nom des économies budgétaires. Dans le même temps la formation des inspecteurs de l’éducation nationale était également très réduite, à quelques semaines, alors que votre serviteur a  bénéficié en 1984-1986 de deux années de formation. Dans la même période on est également passé de 27 heures de cours hebdomadaires à 24 heures, comme si l’on pouvait penser améliorer les apprentissages en réduisant le temps d’enseignement. Le grand historien de l’éducation Antoine Prost a alors parlé d’un Munich pédagogique.

La politique éducative du quinquennat Hollande pour l’école a bien été une politique de gauche qui a visé une meilleure justice sociale dans le premier degré. La refondation de l’éducation prioritaire a été un des éléments de cet ensemble pour les quartiers les plus défavorisés. Mais l’ensemble des autres textes ont été cohérents avec cette perspective : les rythmes scolaires, le référentiel des métiers du professorat et de l’éducation, la reconstitution progressive d’une formation initiale, les programmes… La continuité et l'approfondissement auraient été bienvenus.

Depuis l’arrivée de Jean-Michel Blanquer, le discours relatif aux mauvais résultats redouble mais son objectif n’est assurément pas de conduire une politique favorable aux milieux populaires au sens où cela était entendu dans le cadre de la refondation de l’école de la République. En effet il prend systématiquement le contre-pied de ses prédécesseurs et ce n’est pas pour une amélioration des actions inscrites dans le cadre de la refondation mais pour en détruire progressivement toutes les conquêtes. Après les rythmes et les programmes, on peut craindre pour l’éducation prioritaire où l’investissement de moyens avec les CP et CE1 sert de faire valoir tandis que l’on renonce à un véritable pilotage en soutien aux académies et aux départements les plus concernés. On peut en particulier craindre que les moyens alloués au travail collectif dans le premier comme dans le second degré passent progressivement aux oubliettes. Comment en effet donner des heures postes pour la pondération dans le second degré quand les moyens du second degré sont particulièrement tendus ? Comment assurer correctement le remplacement comme le recommande la cour des comptes et maintenir les 18 demi journées de concertation dans le premier degré si on ne conduit pas une politique volontariste en la matière ?

On veut ici attirer l’attention sur le fait que le message qui va être porté aux personnels d’encadrement sur le fait que le premier degré n’est pas piloté, d’une part est injuste car le premier degré a toujours été piloté par son encadrement et d’autre part comment croire à la sincérité d’une volonté d’amélioration quand on détruit tout ce qui a été fait de bien avant.

(...)

Marc Bablet, Inspecteur d'académie, inspecteur pédagogique régional retraité

Le billet complet est à lire en cliquant ci-dessous

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