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Vivement l'Ecole!

"Un incident dramatique mais exceptionnel" : pourquoi l'agression d'une professeure à Créteil n'est pas représentative des violences scolaires...

22 Octobre 2018 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

"Un incident dramatique mais exceptionnel" : pourquoi l'agression d'une professeure à Créteil n'est pas représentative des violences scolaires...

EXTRAIT

Un élève du lycée Edouard-Branly a braqué une enseignante avec un faux pistolet et a ainsi relancé le débat sur les violences scolaires.

Indignation politique, "plan d'actions" annoncé par le ministre, vague de témoignages d'enseignants sur les réseaux sociaux... L'agression d'une professeure, braquée par un élève avec une arme factice au lycée Edouard-Branly à Créteil (Val-de-Marne), a relancé le débat sur les violences scolaires. L'élève en question a été mis en examen et Jean-Michel Blanquer a promis de "rétablir l'ordre et l'autorité" dans les établissements. Selon Benjamin Moignard, membre de l'Observatoire international de la violence à l'école (OIVE) et maître de conférences à l'université de Paris-Est Créteil, il s'agit d'un fait "spectaculaire et violent mais très isolé". L'école d'aujourd'hui est-elle plus violente que celle d'hier ? Eléments de réponses.

Le nombre d'incidents graves est stable

La violence scolaire est mesurée depuis 2007 via une enquête annuelle intitulée Système d'information et de vigilance sur la sécurité scolaire (Sivis). Cet outil permet aux chefs d'établissement de faire remonter les incidents graves. Entre 2007 et 2017, date de la dernière enquête Sivis, leur nombre a peu évolué : il se situe autour de 14 pour 1 000 élèves durant une année scolaire.

Comme le rappelle un rapport sur la sécurité à l'école publié en 2017 par l'Institut national des hautes études de justice et de sécurité (INHESJ), il s'agit essentiellement d'atteintes aux personnes qui représentent environ 80% des faits déclarés. Arrivent en premier les violences verbales (42%), dont plus de la moitié sont dirigées contre les enseignants. Viennent ensuite les violences physiques – généralement entre élèves – qui représentent 30% des faits. Les autres violences constatées sont le racket, les atteintes à la vie privée et les violences à caractère sexuel. Mais aucune de ces dernières ne représente plus de 3% des faits.

S'agissant de ce qui s'est passé à Créteil, "c'est la première fois que j'ai écho d'un évènement de ce type-là en classe", souligne le sociologue Benjamin Moignard, qui travaille sur ces questions depuis quinze ans.

Il ne faut surtout pas en faire une règle. C'est un incident dramatique mais exceptionnel.

Benjamin Moignardà franceinfo

"Ce type d'agression précis n'est pas fréquent heureusement. Ce qui est fréquent, ce sont les agressions verbales", affirme également Jean-Rémi Girard, président du Syndicat national des lycées et collèges (SNALC), sur franceinfo.

La violence est concentrée dans certains lycées

Ces chiffres de la violence scolaire mesurée par l'enquête Sivis sont néanmoins plus élevés dans les lycées professionnels, où ils ont connu une hausse de 2007 à 2013 pour finalement se stabiliser entre 24 et 25 incidents pour 1 000 élèves. Par ailleurs, 5% des établissements déclarent un quart des faits, soit autant que les 70% d'établissements les moins touchés par la violence, selon le rapport de l'INHESJ

Cet incident à Créteil fait loupe sur les difficultés plus importantes des lycées professionnels et de certains établissements où se concentrent les problèmes.

Benjamin Moignard à franceinfo

Les enquêtes de victimation, mises en place pour compléter les signalements d'incidents graves et pour mieux évaluer le climat scolaire, confirment cette tendance. Si 94% des élèves déclarent se sentir "tout à fait ou plutôt bien" dans leur établissement, selon le dernier sondage publié en 2017, ce taux est légèrement inférieur (92,5%) dans l'éducation prioritaire.

Les sanctions sont appliquées 

Dans l'affaire du lycée Edouard-Branly, le fait que l'enseignante ait attendu le lendemain pour aller porter plainte et semble plus lasse que paniquée devant son ordinateur a été taxé de "laxisme""Trop souvent dans le passé, il y a eu un certain laxisme, notamment parce qu'il y avait des politiques du chiffre pour essayer d'avoir le moins de conseils de discipline possible", a par exemple estimé le ministre Jean-Michel Blanquer, annonçant un nouveau "plan d'actions ambitieux" contre les violences visant les enseignants, dont un renforcement du lien de l'Education nationale avec la police et la gendarmerie.

(...)

Catherine Fournier

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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