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Vivement l'Ecole!

Grammaire à l’école (2) : Quand l’expert choisi par le Ministère fragilise les ajustements 2018…

11 Octobre 2018 , Rédigé par Antoine Fetet Publié dans #Education, #Pédagogie

Grammaire à l’école (2) : Quand l’expert choisi par le Ministère fragilise les ajustements 2018…

M. Philippe Monneret, Professeur des Universités en sciences du langage (Université de Paris IV Sorbonne) est intervenu à l’ESENESR le 27 septembre 2018 dans le cadre du séminaire des inspecteurs de l’éducation nationale 1er  degré. Devant un parterre d’inspecteurs, diffusé en direct via Youtube [1] et via le réseau Canopé, M. Monneret avait la mission de détailler le nouveau cap fixé à l’enseignement de la grammaire par les « ajustements aux programmes », enseignement qui a connu tant de vicissitudes au cours des dernières décennies.

Je vous propose une analyse thématique en trois parties de cette intervention largement médiatisée.


2e partie : des préventions inattendues contre les ajustements 2018

Tout au long de sa présentation, Philippe Monneret navigue entre une attitude de respect dû à la « puissance invitante » et un positionnement très critique envers les ajustements des programmes publiés en juillet 2018. Une phrase semble résumer à elle seule cette ambivalence : « Nous ne vivons pas dans un monde idéal, où seul l’esprit de la science règne, nous vivons dans un monde réel où il y a des enjeux politiques de toutes sortes ». Le pilotage par la science, mis en avant par le ministère, qui s’appuie désormais sur un Conseil Scientifique de l’Éducation Nationale, ne serait-il plus un principe directeur pour l’élaboration des programmes ?

Les constituants de la phrase

M. Monneret passe un long moment à commenter le nouveau texte, notant plusieurs difficultés ou inexactitudes dans la présentation des constituants de la phrase. Au cycle 2,

« Il y a cette compétence “hiérarchiser les constituants de la phrase(ce qui est une très bonne chose), parmi lesquels figurent “les compléments”. Hors, les compléments, ce n’est absolument pas une catégorie linguistique : il y a d’une part les compléments du verbe et d’autre part les compléments circonstanciels qui sont dans une tout autre catégorie. Il ne faudrait pas croire que la catégorie “les compléments est une catégorie homogène. Il y a une catégorisation qui n’apparait pas dans les programmes mais il faut avoir à l’esprit que la catégorie des compléments est une catégorie double. »

Pour le cycle 3, il se livre au même type d’explication de texte : Remarquant qu’une seule entrée liste, sans les hiérarchiser, tous les types de compléments (« différencier les compléments : COD, COI, compléments circonstanciels de temps, de lieu, de cause… ») il ajoute :

« Ici, ça n’est pas explicite, et c’est pour cette raison que je vous le précise, il y a vraiment une barrière entre d’une part COD/COI et d’autre part les compléments circonstanciels. »

Rappelons que la réécriture de ces programmes visait à ajuster et à clarifier des textes qualifiés par M. Blanquer de difficiles à comprendre.

Or, le texte de 2016 faisait une distinction nette entre compléments de verbe et compléments de phrase. Par ailleurs, l’introduction de la notion de prédicat renforçait la visibilité de la structure de base de la phrase : (le prédicat était ainsi décrit : très souvent un groupe verbal formé du verbe et de compléments du verbe) . Ce qui était explicite dans le texte précédent est désormais confus et, hélas, sujet à interprétation.

(...)

Antoine Fetet

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

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