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Vivement l'Ecole!

Démissions et critiques en série : que se passe-t-il au Conseil supérieur des programmes?...

3 Octobre 2018 , Rédigé par France Info Publié dans #Education, #Politique

Démissions et critiques en série : que se passe-t-il au Conseil supérieur des programmes?...

EXTRAIT

Marie-Aleth Grard, l'une des 18 membres de l'instance, a annoncé son départ avant la fin de son mandat, prévu dans une semaine. Son choix illustre certaines interrogations sur l'indépendance du CSP à l'égard du ministère de l'Education nationale.

"Quand on sent qu'on n'est pas entendu, mieux vaut arrêter." Marie-Aleth Grard, vice-présidente d'ATD Quart Monde, a annoncé sa démission du Conseil supérieur des programmes, dimanche 30 septembre. "Jusqu'ici, j'avais le sentiment qu'on pouvait parler de points qui nous tenaient à cœur", explique-t-elle à franceinfo. Elle regrette aujourd'hui l'absence de débats au sein de l'instance et le manque de considération du ministère de l'Education nationale, qu'elle soupçonne de mener seul la réforme des programmes du lycée. Elle craint également que ne soient oubliés les élèves en difficulté.

Quand le président a parlé des 'premiers de cordée', nous avons eu quelques échanges à ce moment-là (...) J'ai bien senti que nous ne parlions pas des mêmes enfants, que les enfants dont je parle – les plus défavorisés – ne sont pas pris en compte de la même façon que les autres.Marie-Aleth Grard, vice-présidente d'ATD Quart Mondeà franceinfo

Marie-Aleth Grard dénonce aussi le peu de considération affiché par le gouvernement. "Nous avions une marge de manœuvre assez grande, ce qui ne semble plus être le cas. Nous ne discutons plus entre nous du fond des sujets et ça me gêne."

Des désaccords de fond

Cette démission n'est pas inédite. C'est même la troisième en un an. En septembre 2017, le président Michel Lussault avait déjà claqué la porte en dénonçant l'attitude du ministère de l'Education nationale. "Je n’ai pas eu un seul contact [depuis la nomination de Jean-Michel Blanquer], expliquait-il dans Le Monde. Laisser le CSP sans nouvelle me semble discourtois." Quatre mois plus tard, sa vice-présidente Sylvie Plane était partie à son tour. Interrogée dans Libération, elle citait l'exemple d'un rapport sur les sciences économiques et sociales, qui avait nécessité beaucoup de travail. "Le ministre ne nous a pas reçus, ni même accusé réception de notre travail que nous avons fini par lui envoyer."

La situation ne semble pas s'être améliorée depuis. Nommée en novembre 2017, la nouvelle présidente Souâd Ayada souhaite revenir aux "fondamentaux", en rupture avec Michel Lussault, dont les propositions sur la notion de prédicat ou sur le passé simple ont fait polémique. "Mon prédécesseur estimait qu'il fallait introduire dans l'enseignement ce qui relève de la recherche, des innovations qui, même dans l'enseignement supérieur, ne font pas l'unanimité, résume-t-elle cet été dans un entretien au Point. "Moi, je crois que l'enseignement scolaire doit rester scolaire". Un écho direct aux propos du ministre, qui souhaite rompre avec ce qu'il nomme le "pédagogisme".

Dans la foulée, trois membres du CSP, dont la démissionnaire Marie-Aleth Grard, avaient dénoncé "des coups de boutoirs désordonnés et des polémiques mal informées à chaque changement de majorité politique". Pour l'ancienne équipe, la nouvelle direction accepte mal ces critiques et soupçonne une reprise en main du ministère sur les débats de l'instance.

(...)

Fabien Magnenou

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

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