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Vivement l'Ecole!

#Parcoursup : comment les écoles privées surfent sur l'inquiétude des lycéens...

4 Juillet 2018 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education, #Parcoursup

#Parcoursup : comment les écoles privées surfent sur l'inquiétude des lycéens...

EXTRAITS

"Pas de panique, ne vous précipitez pas dans le privé", préviennent les conseillers d'orientation. Mais pour ceux qui ont les moyens, difficile de résister.

"Parcoursup, il y a d’autres solutions !", "école hors Parcoursup"...  Sur les pages Facebook des lycéens inquiets pour leur avenir, et dans les magazines de leurs parents pas plus rassurés, les publicités pour les écoles privées se sont multipliées depuis le lancement de la réforme de l'accès à l'enseignement supérieur.

Lycéen en terminale S au prestigieux lycée Fénelon, dans 6e arrondissement de Paris, Vincent* a fini par craquer. Pourtant, avec son 15 de moyenne, il avait un dossier scolaire béton. Mais à ce jour, il n'a obtenu aucune réponse positive sur Parcoursup.

"J’étais premier de ma classe mais la concurrence a explosé. Je me suis inscrit en prépa économique et commerciale option scientifique [ECS] pour intégrer une grande école de commerce, et aucune ne m’a accepté."

Alors, sensible aux sirènes du privé et aux publicités qui peu à peu avaient envahi ses fils d'actualité sur les réseaux sociaux, le jeune homme a fini par demander à ses parents de lui payer une prépa privée.

 

L'une des nombreuses publicités affichées sur l'écran de Vincent

Photo accrocheuse et promesse attrayante sur une publicité pour l'IICP.
Crédit : IICP


"Pas de panique." Le message est rassurant et s'inscrit en opposition à Parcoursup en garantissant des "résultats rapides".
Crédit : ESGCI 

20% des candidats n'étant toujours pas fixés sur leur sort après le bac, les écoles privées déploient tous leurs savoir-faire en marketing pour surfer sur l'incertitude. "Nous avons de plus en plus de postulants. Je ne sais pas si c’est lié à Parcoursup", sourit Jean-Daniel Bagros, professeur dans une école de communication.

"Nous menons régulièrement des campagnes dans le métro. Et sur le web, ça y va ! En plus de cela, dans les salons, nous disons aux étudiants : 'Si vous voulez avoir la certitude de faire ce que vous voulez, faites une école privée'.

(...)

Un pas de plus vers la privatisation du supérieur ?

"Tout ce bruit autour de Parcoursup a angoissé et donc encouragé les entreprises d’éducation", confirme Yves Dutercq, professeur à l’Université de Nantes, sociologue de l’éducation au Centre de recherche sur l’éducation de Nantes et directeur de "Où va l’éducation entre public et privé ?" (éditions de boeck). On le voit : le privé rencontre un succès croissant. Même si "ce mouvement vers le privé ne date pas d’aujourd’hui", ajoute le chercheur.

Un rapport de l'Inspection générale de l'administration de l'Education nationale et de la Recherche le pointait déjà en juin 2015 :

"La place de l'enseignement supérieur privé, longtemps marginale et concentrée sur certains secteurs, ne cesse d'augmenter et de se diversifier ; cette croissance est particulièrement marquée depuis une dizaine d'années, le poids du privé atteignant près de 19% des effectifs inscrits dans l'enseignement supérieur."

Entre 1990 et 2013, le nombre d’élèves dans le privé est passé de 224.000 à 436.000 (+95%). Dans le public, ce chiffre est passé de 1,4 million à 1,9 million (+31%). Jusqu'où ira cette fuite ? Pour Yves Dutercq :

"Parcoursup sera sans doute le déclencheur de mouvements supplémentaires vers le privé. Nous sommes à une période où il est primordial d’investir dans l’éducation. Le gouvernement avance qu’il n’a pas d’argent et laisse le privé se développer. C'est là que se trouvent l’essentiel des nouvelles places, une fois les amphis remplis. Cela arrange les pouvoirs publics." 

Une marche macronienne vers un nouveau partage au profit du privé ? "On va vers du mi-privé, mi-public", estime Dutercq. Le Premier ministre, lors du lancement de la plateforme, assurait : "Notre objectif n’est pas de dissuader de s’inscrire dans l’enseignement supérieur, mais de faire en sorte que chaque lycéen qui s’inscrit réussisse." Parcoursup en aura en tout cas découragé plus d'un. 

Maïlys Khider

*Les prénoms ont été modifiés

L'article complet est à lire en cliquant ci-dessous

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