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Vivement l'Ecole!

La bachelière polynésienne... "Un vœu accepté n’équivaut pas forcément à un candidat satisfait"...

9 Juillet 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Parcoursup

La bachelière polynésienne... "Un vœu accepté n’équivaut pas forcément à un candidat satisfait"...

La bachelière polynésienne et l’emballement Parcoursup

La photo a fait le tour des sites des journaux ce week-end. Une jeune fille, souriante, avec une fleur rose dans les cheveux. Ranitea Gobrait, Polynésienne, vient de décrocher son bac avec 20,32 de moyenne sur 20 (grâce aux options). Belle perf. Major du bac de l’archipel, elle est en prime championne de 800 mètres nage libre. Cela méritait bien un portrait, de ceux que l’on trouve par floppées pour «incarner» les résultats du bac. Mais voilà, cette brillante jeune fille est un peu amère. «Les grandes prépas nous ont laissés de côté, nous, les îles d’outre-mer», a-t-elle dit à l’Agence France-Presse, dans une dépêche largement diffusée (y compris par Libé.fr). Le journaliste explique qu’elle a été «refusée dans tous les établissements parisiens dans lesquels elle a postulé, et reste en liste d’attente dans le lycée toulousain Pierre-de-Fermat pour une prépa d’ingénieur». Puis, citant la proviseure de son lycée : «On est forcé de constater qu’être en Polynésie française, ça peut défavoriser les élèves qui demandent des formations bien particulières. […] Cette année, avec Parcoursup, ça a été un peu plus flagrant [que du temps de l’ancien système APB, ndlr] Dans le contexte actuel, ce témoignage a une résonance particulière : Parcoursup, qui s’applique pour la première année, a modifié radicalement les règles d’affectation dans le supérieur. Et suscite donc questionnements et inquiétudes. Ainsi, au moment des premiers résultats de Parcoursup, les élèves (et leurs profs) de banlieue parisienne avaient cette même impression désagréable de ne pas être sur le même pied d’égalité que les Parisiens, et de passer «après». Un ressenti tout aussi difficile à prouver qu’à évacuer.

Samedi soir, communiqué de la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal : «Les équipes de Parcoursup ont consulté le dossier de la bachelière (polynésienne), afin de pouvoir lui proposer l’accompagnement nécessaire. Il ressort du dossier de cette bachelière que celle-ci a reçu et refusé plusieurs propositions d’admission, notamment dans des classes préparatoires aux grandes écoles qu’elle avait appelées de ses vœux, à Paris.» Au réveil, dimanche, une journaliste du Figaro embrayait, dénonçant sur Twitter notamment cette politique du clic qui pousse les médias à publier des infos sans les vérifier.

De cette histoire, on peut tirer deux enseignements. Le premier, c’est la force de frappe de l’AFP, à laquelle tous les médias sont abonnés et font pleine confiance… de sorte que la moindre imprécision, ou erreur, se propage à toute allure, et de façon incontrôlée. Le deuxième, sur le fonctionnement de Parcoursup : la difficulté, sinon l’impossibilité, de mesurer la satisfaction des élèves. Jusqu’ici, sur APB, les candidats hiérarchisaient leurs vœux par ordre de préférence. Avec le nouveau système, le classement a été abandonné. Cette jeune fille avait été acceptée dans une prépa parisienne certes, sauf qu’il s’agirait d’une prépa éco… Et qu’elle aspire à un cursus scientifique. Autrement dit, un vœu accepté n’équivaut pas forcément à un candidat satisfait.

Marie Piquemal

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