Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

La dictée n’est pas ce qu’on veut nous faire croire...

21 Mai 2018 , Rédigé par Questions de classe(s) Publié dans #Education, #Pédagogie, #Politique

  La dictée n’est pas ce qu’on veut nous faire croire...

Lorsque Jean-Michel Blanquer évoque la dictée quotidienne comme un remède indispensable, il sait que pour les parents, les grands-parents... pour une très grande partie de la population, cet exercice est auréolé de vertus comme l’est une potion pour bien grandir, même si elle est désagréable au goût – comme l’était l’huile de foie de morue.

En effet, pour beaucoup d’entre eux, la dictée était source de peine, de souffrance, voire de honte. Le zéro était bien partagé, cinq fautes suffisaient ! Le stylo rouge du maître ou de la maîtresse d’école n’était pas indulgent, il rayait sans pitié et écrivait le zéro d’un geste rageur.

Des lignes des mots mal orthographiés s’en suivaient.

La dictée parle donc à tout le monde !

Mais les élèves aux dictées à zéro ou à une faute étaient-ils meilleurs en orthographe ?
Guère plus que les autres, car dans leurs écrits personnels, ils n’appliquaient guère les règles grammaticales et oubliaient les mots appris par cœur. La vigilance lors de l’exercice de la dictée ne se reproduisait pas dans les rédactions. Et pourquoi aujourd’hui en serait-il autrement ?

La dictée est dans l’esprit de M. Blanquer comme dans la mémoire collective un texte lu par un professeur qui sera ensuite dicté plus ou moins rapidement avec une insistance sur la ponctuation et sur certaines syllabes notamment celles qui sont muettes en fin des mots pour les plus jeunes. Répétée tous les jours, voire deux fois par jour au CP, elle devrait entraîner des automatismes (accords et application des règles). Le constat qu’elle n’améliore pas l’orthographe dans les situations d’écriture personnelle n’est guère évoqué.

La dictée réduit l’orthographe à un exercice, au lieu de la présenter aux élèves comme un moyen de produire un écrit lisible et respectueux des mots et des règles. D’ailleurs, c’est tout l’écrit qui est présenté comme un exercice : copie, rédaction… sont aussi ordonnées, exécutées puis notées.

Le désir, le plaisir, la nécessité, l’imagination, le jeu… sont laissés de côté et en dehors de la classe.

Certains enfants, adolescents, bien sûr pourront s’en saisir au sein de leur famille, mais pour tous ceux qui n’ont que l’école pour écrire, ils n’auront pas l’occasion d’expérimenter l’écriture comme moyen d’expression, de création et de communication. Alors les lettres de motivation pour l’orientation ou l’entrée à l’université prévues par la nouvelle loi… ce sera encore plus difficile pour eux.

Au siècle dernier, on sélectionnait avec des dictées, aujourd’hui les écrits personnels suffiront !

Revenons à l’étude de l’orthographe, une fois que l’enfant, l’adolescent a compris « pourquoi » il doit écrire correctement avec le moins d’erreurs possible, intéressons-nous aux « comment ».

La dictée prônée par Blanquer est peu efficace, mais il y a d’autres dictées possibles.

(...)

Catherine Chabrun

Suite et fin en cliquant ci-dessous

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :