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Vivement l'Ecole!

Scolarisation obligatoire dès 3 ans : Jupiter en maternelle...

28 Mars 2018 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education, #Politique, #Maternelle

https://femmes.orange.fr/people/news-people/article-emmanuel-macron-moque-par-des-eleves-de-maternelle-a-cause-de-ses-poils-CNT0000010Ol28.html

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EXTRAIT

La politique, cet art du symbole. Emmanuel Macron intervient très peu dans le débat éducatif mais, quand il le fait, c'est avec un sens aigu du retour sur investissement. Ce mardi 27 mars, en marge des Assises de la maternelle, qui se tiennent actuellement au Conservatoire national des arts et métiers, le président de la République s'est donc déplacé en compagnie du ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer dans une école maternelle du 19e arrondissement de Paris.

Il s'agissait pour lui d'assister à un atelier de phonologie (l'étude des sons et de leurs correspondances alphabétiques) et surtout d'annoncer une mesure à très haut potentiel médiatique, en l'occurrence l'abaissement de l'âge de la scolarité obligatoire de 6 à 3 ans, et ce dès la rentrée 2019. Depuis 1959 et l'ordonnance Berthoin portant la fin de la scolarité à 16 ans, personne n'avait osé toucher au totem de l'obligation scolaire. C'est dire le niveau de disruption.

Faux problème

L'école obligatoire à 3 ans : dans les gros titres, cela sonne fort. Et cela sonne d'autant mieux aux oreilles du président que cela ne coûte – presque – rien au budget de l'Etat. Notre école maternelle passe à raison pour un joyau de la République et, à l'exception de quelques territoires d'outre-mer, le réseau d'établissements de l'Education nationale est accessible à l'ensemble de la population, scolarisant 97,6% des 3-6 ans.

Les seuls à y échapper sont les 30% de petits Guyanais, que Jean-Michel Blanquer, recteur à Cayenne de 2004 à 2006, n'a pas réussi davantage que ses prédécesseurs à scolariser (les Mahorais ne sont pas mieux lotis). Auxquels il faut ajouter – de manière plus marginale – les rejetons de bobos cévenols (ou parisiens !) avides de pédagogies alternatives, quelques enfants de primo-arrivants ne maîtrisant pas les codes de leur pays d'accueil, et la progéniture de familles traditionalistes chrétiennes et musulmanes soucieuses d'éduquer leurs enfants selon les préceptes de la Sainte Bible et du Saint Coran.

Faut-il le préciser : l'annonce présidentielle ne changera rien au sort de ces derniers. Car en France, ce n'est pas l'école, mais l'instruction qui est obligatoire, la liberté de l'enseignement étant protégée formellement par la Constitution. Autrement dit, les parents restent libres de scolariser leurs enfants où bon leur semble – à leur domicile notamment – pourvu qu'ils se soumettent au contrôle des inspecteurs de l'Education nationale. Un contrôle qui s'est toujours exercé de manière aléatoire, et dont on peut douter qu'il devienne plus exigeant à l'avenir.

Pour ce qui est des petits oubliés de l'océan Indien ou du fleuve Maroni, la question qui se pose par ailleurs n'est pas celle de l'obligation scolaire, mais bien celle des moyens. Le ministère en est conscient et souhaite porter le plus gros de ses efforts – soit 1.000 postes équivalents temps-plein d'ici 2019 – sur ce dossier. Mais déjà faudrait-il que les collectivités outre-marines, exsangues financièrement, construisent suffisamment d'écoles pour accueillir des milliers de nouveaux écoliers. Or, rien n'indique que ce sera le cas.

(...)

Gurvan Le Guellec

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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