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Vivement l'Ecole!

C'est la fin d'une époque, la Documentation française quitte le quai Voltaire...

23 Février 2018 , Rédigé par Telerama Publié dans #Education, #Histoire, #Culture

C'est la fin d'une époque, la Documentation française quitte le quai Voltaire...

EXTRAITS

Grand “désherbage” avant le déménagement vers la rue Desaix, dans le 15e arrondissement. Plus de 80 000 ouvrages des éditions de la Documentation française partent au pilon. Rien de grave, juste l’activité normale d’un centre de doc qui vit avec son temps : numérique…

La fin d’une époque : celle où étudiants, enseignants, chercheurs, retraités ou simples curieux pouvaient pousser les portes du 29-31 quai Voltaire pour pénétrer dans le monde de La Documentation française et y trouver (presque) n’importe quel ouvrage administratif. Une mine d’or pour qui voulait préparer un concours de la fonction publique, et potasser tranquille. La répartition du patrimoine en Pologne ? Facile. Les résultats 2004-2005 des machines à sous et casinos en France ? Aucun problème ! Le rapport de David Douillet sur l’attractivité de la France pour l’organisation de grands événements sportifs rendu en 2010 ? Trouvé ! Même l’ouvrage Projets pour Versailles, corpus de dessins des Archives nationales publié en 1985, était là au détour d’un rayon. Au total, des centaines milliers de documents, sur des thèmes essentiellement économiques, juridiques et sociaux, accessibles à tous. 

Cette époque est révolue : fin février, l’immeuble du quai Voltaire fermera définitivement ses portes, et la « DF » déménagera rue Desaix, dans le 15e arrondissement de Paris, où elle se recentrera sur son travail d’éditeur. Fini la librairie, terminé l’accueil du public. Une révolution pour la vénérable institution, dont la naissance est intrinsèquement liée à la Résistance (voir encadré ci-dessous). La raison de ce grand chambardement ? En 2010, la fusion entre les marques « Documentation française » et « Journaux Officiels » a mené à la création de la Direction de l’information légale et administrative (Dila), sous l’autorité de Matignon. Outre les missions de diffusion légale (Legifrance, le Journal Officiel) et les annonces légales, la Dila gère les sites d’information administrative (service-public.fr et vie-publique.fr) et, donc, les éditions de La Documentation française. 

(...)

La nouvelle adresse du Centre de recherche du musée d’Orsay

Malgré tout, quelques 80 000 ouvrages ou périodiques – soit l’équivalent de 3 kilomètres de rayonnages ! – ne survivront pas à cette opération de « désherbage » et finiront au pilon. «On se sépare de documents abîmés, usés, imprimés en grand nombre et donc disponibles ailleurs, ou ceux n’ayant pas de valeur historique ou mémorielle », justifie-t-on à la Dila… Pas sûr que cela rende le sourire aux plus nostalgiques. Peut-être se consoleront-ils en apprenant que « ce n’est pas une banque qui occupera la prestigieuse adresse du Quai Voltaire, au débouché du Pont Royal, face au Pavillon de Flore, glisse le secrétaire général, mais le Centre de recherche du musée d’Orsay. » Une opération qui permettra à celui-ci de libérer un bel espace pour la collection Marlene et Spencer Hays acquise fin 2016 et le Centre d’études des Nabis.

La Documentation Française, une histoire de Résistance

En 1942 et 1943, deux centres d’information voient le jour à Londres et Alger afin de contrer la propagande nazie et collaborationniste. Tous les moyens étaient alors bons pour (ré)informer les résistants français, y compris le parachutage (au sens propre !) de sacs remplis de documents. Unifiée à la Libération, la DF sera longtemps incarnée par son cofondateur puis directeur, Jean-Louis Crémieux-Brillhac, décédé en 2015.

Sophie Rahal

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