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Vivement l'Ecole!

A La Courneuve, « on essaie de faire réussir de la même façon les filles et les garçons »

21 Janvier 2018 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Banlieue, #Jeunesse

A La Courneuve, « on essaie de faire réussir de la même façon les filles et les garçons »

EXTRAITS

Dans cette banlieue parisienne, la mairie et les équipes enseignantes se mobilisent contre les stéréotypes de genre au moment des choix d’orientation.

Un décor de film, gris et glauque, dans une banlieue à la centaine de nationalités, pour un établissement public qui en compte tout autant. Sa réputation le précède, et les jugements à l’emporte-pièce qui vont avec : aucune chance pour ses enfants de réussir avec ce départ dans la vie.

Mais non, Gwenaëlle Badufle, professeur principale d’économie en classe terminale ES au lycée Jacques-Brel, balaye les a priori d’un haussement d’épaules : « J’y enseigne depuis douze ans, j’aurais largement la possibilité d’en partir, mais c’est un bon lycée, pas du tout le cliché du lycée de banlieue. Les équipes sont très investies, les élèves ont beaucoup de chance. »

Avant d’ajouter : « J’aime ma classe, je suis attachée à mes élèves, nous avons noué une relation de confiance. Notre travail porte ses fruits, il y a 83 % de réussite au bac dans notre lycée, ce qui est un bon score pour la région. »

Attention aux terminales

Heureuse d’aller enseigner à La Courneuve, cette professeure de 38 ans raconte ce que le lycée a mis en place pour ses élèves : cours du soir tous les jours de la semaine et dans toutes les matières, soutien scolaire, encadrement attentif des professeurs, rencontre avec d’anciens élèves, tutorat pour ceux qui le souhaitent… Presque rien ne semble laissé au hasard, particulièrement pour les terminales, qui font l’objet de toutes les attentions, aussi bien du côté des professeurs que de la municipalité.

(...)

« Discrimination des lycées de banlieue »

« J’étais la seule blonde de ma classe, la seule à ne pas avoir de problèmes pour acheter mes livres, mais je ne suis pas la seule de ma classe à avoir réussi mes études, et je n’aurais pas voulu ailler ailleurs », confie Marine Guinot, qui a effectué toute sa scolarité à Jacques-Brel et passé son bac en 2013. Mention très bien, Sorbonne, Dauphine, le parcours de cette jeune fille n’a rien à envier à celui d’un élève d’Henri-IV, à Paris. Le lycée courneuvien propose des partenariats avec des écoles ou des facultés prestigieuses à ses meilleurs élèves.

« En réalité, il y a deux façons d’avoir accès aux bonnes facs quand on vient d’un lycée de banlieue, c’est soit une mention au-delà de la normalité, soit une procédure particulière. En dehors de ça, on peut parler de discrimination des lycées de banlieue », explique celle qui se prépare à devenir consultante pour les collectivités territoriales, après sa période d’apprentissage à la Délégation interministérielle à la transformation publique. Car « en plus de toutes les autres difficultés qui sont les siennes, un bachelier de La Courneuve se voyait jusqu’ici affecté, par le biais du zonage de la procédure APB, vers des facs moins prestigieuses, ou très loin de chez lui ».

Reste à savoir si la nouvelle plate-forme d’orientation dans le supérieur, Parcoursup, censée assouplir les critères géographiques dans l’affectation des élèves, permettra aux jeunes pousses de La Courneuve et d’ailleurs de fouler plus nombreuses les pavés du Quartier latin…

Ondine Debré

L'article complet est à lire en cliquant ci-dessous

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