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Vivement l'Ecole!

Classements PISA: comment les lire pour éviter les interprétations réductrices à venir...

3 Décembre 2017 , Rédigé par Europe1 - The Conversation Publié dans #Education, #PISA

Classements PISA: comment les lire pour éviter les interprétations réductrices à venir...

1- Ne pas prendre le classement au pied de la lettre.

"Les exercices sont passés par 540.000 jeunes de plus de 70 pays et territoires. Trois domaines sont passés au crible, et ce depuis la naissance de l’étude en 2000 : compréhension de l'écrit, culture mathématique et culture scientifique. Pisa inclut aussi un questionnaire sur l'environnement familial, socioculturel et scolaire des élèves. L’OCDE évalue, enfin, le rapport au travail des élèves ainsi que leur attitude vis-à-vis des enseignants."

(...)

2- Ne pas croire que le mauvais classement serait le résultat d'un "abandon" des "fondamentaux":

La France était 25ème au classement PISA 2012. 12ème en 2006. A l'époque, le bilan Education de Nicolas Sarkozy fut jugé désastreux. Avec pourtant une attention particulière aux "fondamentaux".

3- Tenir compte des différences entre les échantillons d'élèves issus des pays choisis:

"Pour effectuer le tri, l’OCDE se concentre sur les élèves de 15 ans, selon un échantillon représentatif de l’ensemble des élèves de 15 ans du pays (âge auquel les élèves de plusieurs pays terminent leur scolarité obligatoire). Et c’est là l’une des premières critiques émises par différents scientifiques à l’encontre de l’étude, qui risque d’en être biaisée. Dans de nombreux pays, en effet, plusieurs élèves de 15 ans sont sortis du système scolaire. Seuls les meilleurs participent donc à l’étude, contrairement à d’autres pays (comme la France) où de nombreux élèves de 15 ans ont déjà redoublé au moins une fois."

4- Tenir compte de TOUS les enseignements de PISA: inégalités; bien-être des élèves selon les pays:

"La reproduction sociale existe dans tous les pays, mais la France affiche la corrélation la plus forte au sein de l'OCDE entre l'origine sociale d'un élève et sa réussite à Pisa", poursuit-il. Selon lui, cette enquête a introduit ce sujet dans le débat public, aidé à la refonte de la carte de l'éducation prioritaire, avec un meilleur ciblage des moyens, et aiguillonné les tentatives de mixité sociale dans les écoles, ajoute le chercheur.

Autre enseignement tiré de Pisa : l'anxiété des élèves français, qui se sentent moins accompagnés par leurs professeurs. "On est resté en France à une approche ‘de haut en bas’, avec une réception passive des savoirs qui favorise peu les échanges, l'esprit critique et l'interaction", martèle le chercheur."

5- Des chiffres auxquels on peut tout faire dire selon le point de vue:

"Prenons l’exemple de l’interprétation des bons résultats finlandais. Si on est syndicaliste, on les met en relation – on les ‘explique’ – avec le niveau élevé des rémunérations et du prestige des enseignants. Si on croit à la pédagogie, on les mettra plutôt en relation avec le suivi individualisé dont bénéficient les enfants en échec. Si on a un a priori favorable à l’autonomie des établissements, on soulignera que les écoles finlandaises ont un niveau d’autonomie plus élevé que les autres pays. Et ainsi de suite…"

Lire à ce sujet

6- Les mauvais - et bons -  résultats en matière d'éducation s'analysent sur un temps long:

Les responsables des mauvais résultats des élèves de 15 ans d'aujourd'hui sont à chercher, incontestablement, dans les apprentissages rendus TRES difficiles par la suppressions de la formation des maîtres et des 80.000 postes d’enseignants que les gouvernements 2012/2017 ont mis 5 ans à recréer.

Christophe Chartreux + source ci-dessous pour les extraits cités

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