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Vivement l'Ecole!

Vers l'école de demain... Une réforme globale du lycée au premier cycle de l’enseignement supérieur - Najat Vallaud-Belkacem... (4)

29 Novembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Vers l'école de demain... Une réforme globale du lycée au premier cycle de l’enseignement supérieur - Najat Vallaud-Belkacem... (4)

En 10 points - à raison d'un par jour - propositions pour une "Ecole de demain"

4. Une réforme globale du lycée au premier cycle de l’enseignement supérieur

Après la scolarité obligatoire commune à tous les élèves de la Nation, la mission du lycée est la préparation à une qualification supérieure diplômante et qualifiante permettant à chaque jeune de s’insérer socialement, économiquement et professionnellement dans la société. Dans cette perspective, le lycée doit être la première brique d’un cursus de qualification garante d’une insertion professionnelle. Pour cela, je plaide pour qu’une réforme du lycée adopte un modèle de formation qui comporte plusieurs changements par rapport au collège, mais aussi par rapport au modèle de lycée classique conçu pour le bac et l’entrée dans l’enseignement supérieur.

Le lycée que j’appelle de mes vœux est un lycée polyvalent qui regroupe les différentes voies de formation. C’est un lycée qui regroupe des élèves sous statut scolaire, des apprentis, des adultes en formation continue. C’est un lycée qui développe de nouveaux modes de formation plus modulaires, plus progressifs et plus réversibles avec un tronc commun et des unités de formation, en fonction des projets d’orientation des élèves et du niveau de maîtrise qu’ils se fixent. C’est un lycée qui forme les jeunes à s’orienter et à se former tout au long de leur vie. C’est un lycée qui favorise l’insertion professionnelle des élèves. C’est un lycée qui regroupe des formations menant aux baccalauréats et des formations de l’enseignement supérieur. C’est un lycée qui contribue à la nécessaire démocratisation exigeante de l’enseignement supérieur. C’est pour cela que je l’appellerais volontiers « lycée-campus ».

Il est aussi un lycée du XXIe siècle qui offre d’autres manières d’apprendre et assure les apprentissages avec des options artistiques et culturelles, linguistiques ou sportives. Il est numérique. Cela veut dire que toute formation y est hybride, qu’une place importante est faite aux principes liés à la révolution numérique. Il laisse une grande place à la pédagogie de projet, la créativité et le travail en équipe. Il est solidaire. Il fait confiance aux élèves, propose de renforcer leur engagement et leur contribution à un climat scolaire serein, citoyen. Il assure une offre associative et citoyenne. Il est ouvert au monde international : il offre la possibilité d’une mobilité internationale, de la diversité linguistique. Il est ouvert à son environnement économique et social ainsi qu’aux entreprises. Il favorise les pédagogies et les pratiques innovantes. Le lycée-campus travaille en réseau, inspiré des Campus des métiers et des qualifications, avec les autres lycées du territoire, avec des partenaires nationaux ou internationaux (sociaux, économiques, culturels, etc.), et bien sûr avec les établissements de l’enseignement supérieur.

C’est sur cette base que nous pourrons poursuivre la modernisation du système d’orientation post-bac afin de réduire les inégalités d’accès aux différentes filières par manque d’information.

Il faudra aussi repenser le premier cycle universitaire qui accueillera bientôt plus d’un million de jeunes. Cette démocratisation que nous appelons de nos vœux ne peut se satisfaire d’une augmentation des effectifs sans réflexion sur l’organisation, notamment du premier cycle, sur la pédagogie, etc.

Tout particulièrement, il sera nécessaire de mieux utiliser le concept de spécialisation progressive introduit dans la réforme de 2013. Chaque jeune doit s’inscrire dans un parcours adapté à ses compétences et à son projet personnel et professionnel. Cela veut dire, notamment, amplifier le décloisonnement disciplinaire lors des deux premières années, en particulier dans certaines filières mono-disciplinaires les plus demandées. Cela veut dire repenser une première année de « sciences », de « droit », d’« économie-gestion », de « sciences humaines », de « sciences sociales », etc. dans une logique plus propédeutique qui doit permettre à certains étudiants de bénéficier d’une orientation « retardée » (fin de première ou de deuxième année) et en permettant à d’autres une vraie spécialisation dès la première année comme certains établissements l’ont d’ores et déjà fait.

Mais le premier cycle universitaire tel que nous le connaissons ne peut être la seule solution à tous les enjeux de demain. Il faut pouvoir diversifier les parcours pour anticiper les métiers de demain avec une réelle collaboration entre la communauté universitaire et les milieux socio-économiques comme, là aussi, certains établissements l’ont fait. Ainsi des orientations vers la licence professionnelle, au sein du premier cycle, devront être possibles plus tôt (fin de première année).

Enfin, nous devons développer la validation des acquis de l’expérience (VAE), que nous avons enfin simplifiée, pour les jeunes qui s’insèreront post-bac en leur proposant un accompagnement qui doit les conduire vers une VAE (par exemple d’un BTS, d’un DUT ou d’une licence professionnelle).

Najat Vallaud-Belkacem

Demain:

Une politique d’éducation prioritaire et de mixité sociale au service de l’excellence

Pour lire les chapitres 1, 2 et 3 , cliquer ci-dessous

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