Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

Vers l'école de demain... Une politique d’éducation prioritaire et de mixité sociale au service de l’excellence - Najat Vallaud-Belkacem... (5)

30 Novembre 2017 , Rédigé par Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Education, #Politique

Vers l'école de demain... Une politique d’éducation prioritaire et de mixité sociale au service de l’excellence - Najat Vallaud-Belkacem... (5)

En 10 points - à raison d'un par jour - propositions pour une "Ecole de demain"

5. Une politique d’éducation prioritaire et de mixité sociale au service de l’excellence

Au sein d’un système scolaire marqué par le poids du déterminisme social, nous avons posé les bases d’une École plus juste, avec la mise en place de l’allocation progressive des moyens, la nouvelle éducation prioritaire à l’école et au collège, le dispositif d’accès des meilleurs bacheliers dans les filières sélectives, la mobilisation de l’École et de ses partenaires pour lutter contre le décrochage scolaire, la conservation des notes au bac, et le droit au redoublement dans l’établissement d’origine, ou encore les nouveaux parcours d’excellence. L’une des origines essentielles de l’inégalité de parcours scolaire et universitaire entre les jeunes gens de notre pays réside dans l’autocensure qui est beaucoup plus forte dans les milieux modestes. J’ai donc mobilisé et inventé de nouveaux leviers pour briser ce cercle vicieux de la reproduction sociale. Les bacheliers professionnels disposent désormais d’un accès privilégié au BTS. Les meilleurs bacheliers de chacun de nos établissements disposent aussi d’un accès privilégié aux filières sélectives qu’ils avaient demandées et pas encore obtenues. Les parcours d’excellence qui concernent essentiellement les élèves ou anciens élèves des réseaux d’éducation prioritaire ont pour objectif d’accompagner collégiens et lycéens dans la préparation de leur baccalauréat et de leur poursuite d’études. Dans une société où la précarité a pu éloigner certains parents de l’École, nous en avons fini au travers de ce quinquennat avec la réduction systématique des soutiens aux familles en difficulté : nous avons augmenté les fonds sociaux de plus de 85 % et accru les bourses des lycées et des collèges, en veillant à ce que les fournitures scolaires soient demandées avec parcimonie.

Nous avons agi partout, y compris là ou tant d’autres avaient renoncé : dans les 1 095 réseaux d’éducation prioritaire et dans les 450 lycées les plus fragiles, les moyens et le nombre d’adultes sont renforcés. Tous les territoires fragiles sont aidés : en Seine-Saint-Denis, 1 566 postes auront été créés depuis 2012. Pour les écoles de l’académie d’Aix-Marseille, nous avons créé 1 129 postes dans le 1er degré pour 11 800 élèves de plus : 1 enseignant supplémentaire pour 10 élèves de plus. Pour les écoles de l’académie de Créteil, nous avons créé 2 713 postes dans le 1er degré pour 23 168 élèves de plus : 1 enseignant supplémentaire pour 9 élèves de plus. Pour les écoles de l’académie de Lille, nous avons créé 835 postes dans les écoles alors même que le nombre d’élèves reculait de 5 200. C’est un choix clair, concret que j’ai porté : mettre plus d’enseignants, baisser le nombre d’élèves par classe dans les territoires qui le nécessitent. C’est cela l’égalité des chances en actes.

Pour les lycées et lycées professionnels relevant de l’éducation prioritaire, ainsi que pour ceux qui scolarisent les élèves les plus défavorisés, une réforme d’ampleur sera nécessaire. Elle devra à la fois être cartographique pour actualiser la liste des établissements, financière et pédagogique, avec l’élaboration d’un référentiel permettant d’atteindre les ambitions fixées à l’éducation prioritaire. Dans cette attente, j’ai mobilisé 450 ETP pour la prochaine rentrée scolaire et pris les dispositions pour sécuriser jusqu’en 2019 les indemnités des enseignants de ces lycées et leurs droits pour mutation.

Je souhaite aussi insister sur l’importance d’amplifier encore la politique de mixité sociale au collège. Voilà une politique construite à partir des acteurs de terrain, fondée sur l’autonomie, la confiance et la responsabilité. Une politique qui fait l’objet d’une évaluation et d’un accompagnement scientifiques rigoureux. Une politique qui crée des solutions à partir d’une analyse partagée des acteurs concernés, sans chercher à imposer telle ou telle modalité. À ce jour, 47 départements sont engagés au sein de 82 territoires pilotes qui concernent 249 collèges. En dépit de tous les scepticismes, la dynamique est réelle et les réussites incontestables sur le terrain. Toutefois, il faudra maintenir l’impulsion nationale et l’implication au plus haut niveau du ministère pour la prolonger.

Le soutien à la ruralité est aussi devenu une composante importante de l’action pour une éducation de qualité dans tous les territoires. Trop longtemps ce ministère a refusé de reconnaître la nécessité d’une approche territoriale. Trop d’élus et de parents d’élèves vivent dans l’angoisse de la carte scolaire. Le contexte démographique de beaucoup de nos campagnes est en effet très défavorable : dans les 20 départements les plus ruraux, il y a eu une baisse de 10 000 élèves entre 2011 et 2014 ; et il y aura une baisse d’environ 25 000 élèves entre 2015 et 2018. Le corollaire est la peur de perdre une classe ou une école, la peur de voir un service public disparaître et ainsi voir reculer l’attractivité de la commune. Au travers des conventions ruralité, les élus, l’éducation nationale et le préfet se mettent désormais autour de la table pour dialoguer, pour se mettre d’accord sur un diagnostic et le scénario d’évolution du réseau d’écoles. Cette politique de partenariat gagnant-gagnant, je l’ai voulue volontariste et ambitieuse pour l’école rurale : il y a deux ans, 5 départements s’étaient engagés dans ces « conventions ruralité » ; aujourd’hui il y en a 42.

Enfin, j’ai voulu accompagner les outre-mer pour que dans ces départements et collectivités aussi, nous nous donnions les moyens d’une École qui favorise la réussite de tous et porte chacun vers l’excellence. Avec la loi pour l’égalité réelle outre-mer, l’École sera au centre des attentions et des enjeux pour l’égalité réelle et la convergence des outre-mer vers l’Hexagone.

Najat Vallaud-Belkacem

Demain:

La grande mobilisation de l’École pour les valeurs de la République doit se poursuivre et s’amplifier

Pour lire les chapitres 1, 2, 3 et 4 , cliquer ci-dessous

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :