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Vivement l'Ecole!

Sus aux clichés sur les profs : « c’est un métier qui a un sens » (Sophie Mazet)

28 Septembre 2017 , Rédigé par VousNousIls - Europe1 Publié dans #Education, #Pédagogie

EXTRAITS

Prof d'anglais, connue pour ses cours d'autodéfense intellectuelle, Sophie Mazet s'attaque dans un nouveau livre aux clichés entourant le métier d'enseignant. Un regard clairement optimiste sur cette profession... pas forcément mal aimée.

Prof d’anglais au lycée Auguste Blanqui de Saint-Ouen, Sophie Mazet anime des ateliers dont l’objectif est de “développer l’esprit critique” des élèves. Après le succès de son “Manuel d’autodéfense intellectuelle”, elle sort un nouveau livre sur les préjugés qui entourent le métier d’enseignant : “Prof, les joies du métier”. Une vraie déclaration d’amour pour sa profession.

Votre livre s’intitule “Prof, les joies du métier”… Pourquoi ? Parce que le “‘malaise enseignant” n’existerait pas réellement ?

J’ai écrit ce livre pour questionner les clichés qui entourent le métier d’enseignant. Comme dans mon “Manuel d’autodéfense intellectuelle”, j’essaie d’examiner si, dans les faits, les chiffres vérifient ces clichés – et la plupart du temps, ce n’est pas le cas.

Premier cliché, celui selon lequel les profs sont tous dépressifs. Le métier d’enseignant a du mal à recruter, il ne ferait plus rêver… Le tableau dépeint de cette profession tout autour de nous, dans le débat public, est assez sombre. Or, si l’on regarde en profondeur, et si l’on jette un oeil sur différentes études – comme le baromètre Unsa Education -, on constate que la plupart des enseignants se déclarent heureux dans leur travail. En outre, ils ne sont pas plus malheureux que d’autres personnes, dans d’autres professions.

Le terme “malaise enseignant” est à la mode, en ce moment. Le mot “enseignant” devient quasiment, dans ce contexte, un adjectif… Mais la dépression n’est pas inévitable dans la profession d’enseignant, contrairement à ce que tout le monde pense. Il s’agit d’une caricature, qui répond à une caricature : les enseignants ne se sentent pas appréciés à leur juste valeur par le grand public et leur hiérarchie, et ils finissent donc par intégrer eux-même l’idée que leur métier va mal. Pourquoi les profs ne se sentent-ils pas considérés, et se perçoivent-ils comme détestés ? Parce qu’ils n’entendent que les voix des mécontents, et reprennent pour argent content ce cliché.

Les enseignants se jugent mal aimés, mais le fait est que 2 Français sur 3 en ont une bonne image ! En fait, les gens nous aiment bien – les familles ont une bonne appréciation du métier, et les élèves, en majorité, nous respectent.

(...)

Beaucoup de clichés négatifs circulent, notamment sur les enfants de banlieue, et sur le niveau, qui baisserait… En réalité, cette affirmation est fortement questionnable, car elle est très subjective. Il ne faut pas généraliser. Certes, le niveau en orthographe baisse, mais ce n’est pas pour autant que l’on peut dire que nous sommes en plein déclin…

Dans mon livre, je montre que certaines complaintes (“les élèves ne sont plus capables d’écrire” ; “le niveau du baccalauréat baisse”) ne datent pas d’hier, et remontent au début du 20e siècle. Si le niveau baisse vraiment depuis 100 ans, comment expliquer le fait que nous n’ayons pas encore touché le fond, et que l’on apprenne encore des choses à l’école ? Le classement PISA de l’OCDE est à relativiser, car ses résultats sont susceptibles d’entraîner des erreurs d’interprétation, puisque tous les élèves ne passent pas ce test.

L’affirmation selon laquelle le niveau baisserait est bien souvent politique. Elle sous-entend que c’est la faute du système éducatif, et qu’il faudrait établir une forme de sélection précoce. Or, paradoxalement, selon Stéphane Ménia, professeur d’économie, si le niveau baisse, c’est en fait parce qu’il monte ! La démocratisation scolaire conduit de plus en plus d’élèves au niveau Terminale, et les enseignants qui constatent tous les ans une baisse du niveau sont victimes d’un biais d’observation. La chute au classement Pisa peut ainsi s’expliquer par le fait que, 10 ou 20 ans plus tôt, de nombreux élèves n’auraient pas accédé au lycée, et n’auraient donc pas pu participer à cette évaluation de leur niveau.

(...)

Fabien Soyez

Entretien complet à lire en cliquant ci-dessous

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