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Vivement l'Ecole!

« Réduire les effectifs par classe n’est pas la solution magique »...

29 Septembre 2017 , Rédigé par VousNousIls Publié dans #Education, #Pédagogie

« Réduire les effectifs par classe n’est pas la solution magique »...

EXTRAIT

Enseignant honoraire et rédacteur aux Cahiers pédagogiques, Jean-Michel Zakhartchouk estime que la baisse du nombre d'élèves par classe ne suffit pas à améliorer le niveau scolaire.

Douze élèves par classe pour les CP dans les zones d’éducation prioritaire renforcée (REP+) : une partie de la promesse du président Macron a été appliquée à la rentrée 2017. Qu’en pensez-vous ?

Je me réjouis d’une réduction d’effectifs dans les zones défavorisées. Mais, pour moi, il s’agit au fond d’une solution paresseuse, qui ne prend pas en compte les méthodes utilisées permettant de rendre efficiente cette réduction. Si ces classes font la même chose à 12 qu’à 24, quel est l’intérêt pour l’élève ? D’autant que les enseignants ne sont pas tous formés pour travailler en petits groupes, de manière plus personnalisée. D’autre part, nous ne sommes qu’au début de l’application. Comment va-t-elle concrètement se mettre en place ? L’une des pires choses qui puisse arriver : mettre les élèves les plus faibles d’un côté et les plus avancés de l’autre. Il faudrait une directive précise à ce sujet !

Il faut aussi préparer le moment où les élèves se retrouveront à 24, en CE2 par exemple. Ils peuvent avoir un choc car ils auront eu l’habitude d’être en petits groupes. Il ne faut pas que les élèves se retrouvent constamment à 12. Des moments de regroupement à 24 doivent être prévus comme en chant ou en éducation physique. Dans ces cours, il n’y a aucune raison d’être séparé. Autre problème d’importance : cette application fige l’établissement REP. La vocation d’un réseau d’éducation prioritaire est au bout du compte d’en sortir. Or, actuellement il y a une réelle incitation à ce que les établissements restent en REP…

Enfin, ma dernière inquiétude est le message envoyé de « solution miracle » qui renforce l’idée que le problème numéro 1 serait les effectifs des classes. Nous avons l’impression que c’est la mesure phare, spectaculaire et bien vue par l’opinion publique, notamment chez les enseignants. Bien sûr, le nombre d’élèves par classe a son importance, mais le réduire n’est pas du tout la solution magique ! J’ai eu des classes de 18 élèves dans un collège prioritaire, qui fonctionnaient mal, car trop homogènes vers le bas. J’aurais aimé y ajouter 8 ou 10 élèves de bon niveau pour les tirer vers le haut !

Une limitation du nombre d’élèves par classe nécessite logiquement une nette augmentation du budget…

Effectivement, il ne faut pas se faire d’illusion : le budget n’est pas infini ! Si nous en consacrons davantage à cette mesure, il y en aura moins autre part. Par exemple, consacrer un budget important pour réduire les effectifs en primaire risque de se faire au détriment de l’école maternelle, alors que la scolarisation des moins de trois ans en milieu populaire doit être davantage développée. Cela peut aussi avoir des répercussions indirectement au lycée : plus d’élèves par classe, ou regroupement des options à petit effectif.

En tant que professeur de collège REP, j’ai trop connu de séances en petits groupes -parfois de 5-6 élèves- où certains collègues faisaient un cours magistral ou donnaient des exercices sans plus-value réelle pour les élèves concernés. Un véritable gaspillage d’argent ! Les moyens supplémentaires ne seraient-ils pas mieux utilisés, du moins dans un premier temps, à multiplier les formations sur des manières différentes de travailler et d’enseigner ? D’autant que certaines recherches montrent que réduire le nombre d’élèves de façon significative ne suffit pas à améliorer le niveau scolaire. En effet, l’expérimentation lancée par Luc Ferry, dans les années 2000, de dédoublements systématiques dans une centaine de classe de CP, pointait des résultats décevants. En comparant avec un groupe témoin, on ne trouvait pas de profit réel pour les élèves les plus faibles dans les classes à effectif réduit. Ce bilan a été contesté, car dans les classes à effectif « normal », il y avait davantage de maîtres expérimentés, cela révèle l’importance d’autres facteurs que la taille de la classe.

(...)

Hanane Lynn

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

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