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Vivement l'Ecole!

La pédagogie, cette histoire si ancienne...

4 Août 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Histoire, #Pédagogie

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Où peut-on lire ces "formules"?

1- « l’art d’instruire » et « le haut niveau scientifique ».

Qui a écrit?:

2- « Dans ces écoles, ce n’est donc pas les sciences qu’on enseignera mais l’art de les enseigner ; au sortir de ces écoles, les disciples ne devront pas seulement être des hommes instruits mais des hommes capables d’instruire. Pour la première fois sur la Terre, la nature, la vérité, la raison et la philosophie vont donc aussi avoir un séminaire ; pour la première fois, les hommes les plus éminents en tout genre de sciences et de talents, les hommes qui, jusqu’à présent, n’ont été que les professeurs des nations et des siècles, les hommes de génie vont donc être les premiers maîtres d’école d’un peuple. »

3- « Imagine-toi une assemblée composée de 1 500 à 1 600 personnes, la plus grande partie ayant déjà professé aux écoles militaires, dans les collèges, etc. D’autres professeurs, de physique, de chimie et, enfin, dans le nombre toutes les sciences, y sont réunis et chacun a son but proposé. Il serait inutile de faire l’éloge de nos professeurs, chacun sait que, réunis entre eux, ils sont le foyer des Lumières et de la République, de plus leurs actions sont autant de preuves qui attestent leur capacité et leur talent, donc cette école est vraiment digne de l’objet qu’on s’est proposé. »

4- « Le cours magistral est remis en question. Après les conférences, les élèves sont invités à débattre. Un journal sténographique qui a recueilli l’énoncé des leçons est imprimé et distribué chaque jour avant la leçon. C’est une période où la pédagogie prime sur le savoir »

Réponses:

1- Il s'agit de mots extraits du texte donnant naissance à l'Ecole Normale Supérieure, le 9 brumaire an III (30 octobre 1794);

2- C'est Joseph Lakanal qui s'exprime ici. Professeur de philosophie et député montagnard, il présente, au nom du Comité d’instruction publique, un rapport devant la Convention et il est d'une clarté absolue:

"Ce n’est donc pas les sciences qu’on enseignera mais l’art de les enseigner";

3- Il s'agit ici des élèves Antoine Bernard et Claude-François Camus, nommés par le district de Vesoul, rapportant leurs premières impressions (cités par l’historien Dominique Julia, auteur d’une somme, issue de vingt années de recherches, intitulée Une institution révolutionnaire et ses élèves);

4- C'est là le propos de Jean-Luc Chappey, Maître de conférence Institut d'Histoire de la Révolution Française.

Et aussi:

"Des groupes de travail sont constitués pour les exercices de mathématiques, dirigés par les élèves les plus compétents" Marine Miller/Le Monde)

Tout cela prendra fin lorsque l'esprit de l'Ecole sera abandonné:

"(...) l’école de formation pour futurs instituteurs glisse au séminaire de haute science. « Il s’agit à présent d’une école encyclopédique, qui vise à devenir une pépinière de futurs professeurs d’écoles centrales (et plus tard de lycées) et non plus d’instituteurs », souligne Dominique Julia.

Le 16 avril 1795, Gilbert Romme, député montagnard, prononce l’oraison funèbre : « Je crois que le but de l’école est absolument manqué. Les élèves sont composés de deux sortes d’hommes : les premiers sont très éclairés sur certaines parties et le sont très peu dans d’autres, les seconds ne le sont dans aucune. (…) Cette école peut être utile pour ceux qui ont déjà des connaissances, elle est nulle pour ceux qui n’en ont pas. » La fermeture est votée un mois plus tard, le 19 mai. Fin de l’expérience révolutionnaire."

Vous pouvez lire l' "intégralité" (résumée) de l' Histoire de l'ENS en cliquant ci-dessous. L'article de Marine Miller est passionnant!

Christophe Chartreux

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